La station expérimentale porcine des chambres d’agriculture de Bretagne de Crécom, située à Saint-Nicolas-du-Pélem (Côtes-d’Armor) a réaménagé sa maternité avec des cases liberté en juin 2020. Elle dispose de deux salles de dix cases chacune. La conduite se fait en trois bandes. « Les truies sont libres à l’entrée en maternité, explique Nicolas Villain, chargé d’études bien-être à la chambre d’agriculture de Bretagne. Elles sont ensuite bloquées trois à quatre jours avant la mise bas, puis libérées, en moyenne, cinq jours et demi après. La libération a lieu une fois que les soins aux porcelets sont réalisés. Elle se fait également en fonction de l’état corporel des porcelets et du comportement de la mère. L’objectif de blocage est de sept jours au total. »

Meilleur accès à la mamelle

Lors de ses portes ouvertes, les 9 et 10 décembre 2021, la station de Crécom a dévoilé des premiers résultats techniques de 133 mises bas réalisées entre septembre 2020 et septembre 2021. Deux populations de truies ont été définies : celles qui n’ont connu que la maternité liberté, et celles qui ont connu les cases bloquées, puis liberté.

« En moyenne, nous sommes à 12 porcelets sevrés par portée. Les truies qui n’ont connu que la liberté sont à 12,5, – un chiffre comparable aux références lorsque les truies étaient bloquées –, alors que l’autre population est à 11,4 sevrés », détaille le chargé d’études.

Ces résultats sont à mettre en relation avec un plus grand nombre d’écrasés. Après libération, parmi les truies n’ayant connu que les cases liberté, 76 % n’ont pas écrasé de porcelet, et le nombre moyen d’animaux écrasés est de 0,3. Pour les truies ayant connu les deux systèmes, seules 36 % n’écrasent pas après libération. Le nombre moyen de porcelets écrasés s’élève alors à 1,1.

Les ingénieurs ont également observé une augmentation du poids moyen des animaux sevrés. « Il est passé de 8,5 kg en case bloquée à 9,1 kg en liberté. Plusieurs facteurs expliquent cela. Il y a une baisse du nombre de porcelets sevrés, notamment dans la population ayant connu les deux systèmes, donc plus de lait par animal. Avec la liberté il y a aussi un meilleur accès à la mamelle », analyse Nicolas Villain. Les performances des truies les plus âgées qui ont connu les deux systèmes sont moins bonnes. Le spécialiste est prudent : « Ces observations restent à confirmer avec le vieillissement du troupeau. »

Isabelle Lejas

L’expert
« Une case qui allie bien-être de la truie et confort de travail » Nicolas Villain, chargé d’études dans le bien-être à la chambre d’agriculture de la Bretagne

« La case liberté a été pensée pour le confort de la truie, du porcelet et du travailleur. Sa surface est de 6,6 m². Un seul côté de la stalle s’ouvre. En milieu de case, le sol est en plastique plein, pour le bien-être de la truie et des porcelets. Sous l’auge et à l’arrière, il est en caillebotis fil, pour faciliter le nettoyage et obtenir une meilleure hygiène de la truie. Une trappe à déjections renforcée facilite le travail quand la truie est bloquée. Toutes les cloisons de plus de 50 cm sont rehaussées par du barreaudage. Les animaux ont ainsi la possibilité d’interagir quand ils sont libres. Cela facilite également la surveillance, contrairement à certaines cases liberté équipées de cloisons pleines de 1 mètre. Des barres anti-écrasement de forme courbe ont été installées pour mimer un plan incliné. Elles permettent d’éloigner de la paroi le porcelet quand la truie se couche et d’éviter ainsi les écrasements. Situé à l’avant de la cage, le nid fait 0,8 m². Il est muni d’un capot transparent qui contribue à une meilleure surveillance des porcelets, et une double ambiance avec une température adaptée dans le nid (chauffage par lampe). »