Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

Ovins : anticiper la vaccination contre la fièvre catarrhale

réservé aux abonnés

 - -->
Délais. Pour se prémunir contre les risques d’infertilité liés à la FCO, le Ciirpo recommande de vacciner en priorité les béliers, et ce « au moins deux mois avant la mise en lutte ». © S. LEITENBERGER

Pour ne pas altérer les capacités de reproduction, les béliers doivent être vaccinés deux mois avant la mise en lutte, et les brebis au moins un mois avant.

La vaccination, c’est maintenant ! Alors que le moucheron culicoïde, vecteur de la fièvre catarrhale ovine (FCO), a repris son activité (1), il reste peu de temps aux éleveurs pour protéger leurs troupeaux dans les délais optimaux avant le pic estival de la maladie observé lors de l’épisode précédent. Mais aussi avant les mises en lutte de l’été. Certaines périodes sont à éviter, indique le Centre interrégional d’information et de recherche en production ovine (Ciirpo) dans sa lettre technique.

Pour les brebis, « il est fortement déconseillé de vacciner entre un mois avant et un mois après la mise en lutte. Une vaccination dans le dernier mois de gestation risque de provoquer des avortements [dus aux manipulations et au stress engendré, N.D.L.R.], et une vaccination dans le premier mois de lactation peut pénaliser la production laitière. » Pour les béliers, le Ciirpo conseille de vacciner « au moins deux mois avant la mise en lutte ». En revanche, il ne note aucune contre-indication dans les autres cas.

Priorité aux béliers

Attention aux délais avant l’acquisition de l’immunité (lire ci-dessous). Compte tenu des « forts risques d’infertilité » pour les mâles touchés par la FCO, il est vivement recommandé de vacciner en priorité les béliers. « La qualité de la semence est en effet très fortement affectée si le reproducteur est infecté par ce virus, mettant en péril le nombre d’agneaux vendus », souligne le Ciirpo.

Le vaccin a prouvé son efficacité lors de la précédente épidémie du sérotype 8 de la FCO, en 2008. « À défaut d’une politique de vaccination massive, la maladie va gagner du terrain, redoute Isabelle Tourette, de GDS France (2). Pour en limiter les effets, il faudrait une couverture de 70 % des animaux. » En l’absence d’obligation, cet objectif est loin d’être atteint et la couverture reste insuffisante. Pourtant, l’État prend intégralement en charge le coût des doses. L’acte vétérinaire reste à la charge des agriculteurs et cette dépense peut en freiner certains.

Depuis le 1er mars, les éleveurs ont la possibilité vacciner eux-mêmes. Cependant, ils doivent être conscients qu’ils se ferment ainsi des débouchés : ils ne pourront pas sortir leurs animaux de la zone réglementée (ZR), sauf pour aller vers un abattoir, ni les exporter, ni prétendre à une indemnisation en cas de pertes. Pour obtenir un certificat de vaccination afin de sortir de la ZR, l’acte doit être réalisé par un vétérinaire.

Elsa Casalegno

(1) Aujourd’hui, il n’y a plus aucune zone « saisonnièrement indemne ».

(2) Fédération nationale des groupements de défense sanitaire.

En pratique

Où faire l’injection ? Le vaccin est injecté par voie sous-cutanée, la seringue automatique permettant un geste plus rapide. « L’injection peut être réalisée à l’encolure entre les deux épaules », en soulevant un pli de peau et en injectant le liquide à sa base, détaille le Ciirpo. Autre endroit, sous le pli d’une patte antérieure. La peau, très fine à cet endroit, est soulevée et le produit administré. Une fois l’injection réalisée, masser la peau pour répartir le produit.

Combien d’injections réaliser ? Deux vaccins sont proposés pour les ovins. Avec l’un, une seule injection est nécessaire, avec acquisition de l’immunité 33 jours après. Il assure une protection de 8 mois. Mais il est actuellement en rupture de stock. Avec l’autre, deux injections à 21 jours d’intervalle sont nécessaires. L’immunité est acquise 20 jours après la deuxième, soit 41 jours après la première, d’où l’importance d’anticiper. Il assure une protection de 12 mois.

Fin de la pénurie

Les laboratoires pharmaceutiques vont désormais fournir des vaccins en quantité suffisante. Néanmoins, pour les répartir au mieux, il est nécessaire de connaître les intentions des éleveurs, d’où l’importance de la centralisation des commandes par GDS France.

Jusqu’au 1er juin, les demandes sont à faire auprès du GDS de votre département. Avec la fin annoncée de la pénurie, les modalités de commande de vaccins sont susceptibles d’évoluer par la suite.

Imprimer Envoyer par mail Commenter
En direct
Afficher toutes les actualités

Cet article est paru dans La France Agricole

Transmission & Patrimoine : tous les conseils pour passer le relais !