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Comprendre les émissions olfactives en élevage avicole

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Le taux d’humidité et le pH de la litière sont les principaux paramètres expliquant la formation des odeurs en bâtiment. © S. Champion

Les odeurs produites en élevage, parfois à l’origine de conflits entre éleveurs et riverains, proviennent de sources variées. Des outils de mesure sont à l’essai, afin d’obtenir une information objective.

« La question des odeurs a aujourd’hui une importance croissante, notamment en raison d’une augmentation de la taille de certains élevages, combinée à une présence urbaine de plus en plus courante dans des zones autrefois rurales », constate Aurélie Buteau, chargée de mission en environnement à l’Institut technique de l’aviculture (Itavi). Alors que les plaintes portaient surtout sur les opérations d’épandage, « elles concernent désormais les bâtiments d’élevage et les zones de stockage d’effluents. Pour l’éleveur, il s’agit d’un frein potentiel à l’agrandissement de son atelier ou à la création d’un nouveau site. L’attractivité du métier s’en trouve également affectée. »

Activité microbienne

Les bâtiments d’élevage, les sites de stockage et de traitement des effluents, ainsi que les sites d’épandage sont les principales sources d’émissions olfactives en atelier avicole. « En bâtiment, les odeurs sont produites par l’action microbienne de dégradation de l’acide urique et des fécès dans la litière », précise la spécialiste. L’humidité et le pH de la litière sont les deux principaux paramètres expliquant la formation des odeurs. « L’alimentation des animaux et leur état de santé, la gestion de l’ambiance (ventilation), la matière première utilisée comme litière ou encore les conditions météorologiques sont autant de facteurs faisant varier l’humidité et le pH de la litière », ajoute-t-elle.

Le taux d’humidité optimal se situe entre 25 % et 35 %. « Une litière trop humide entraînerait une dégradation plus importante de l’acide urique excrété par les animaux. Cela provoquerait notamment des émissions plus importantes d’ammoniac. » À l’inverse, un trop faible taux d’humidité favoriserait la production de poussières, potentiellement « porteuses de composants odorants ».

Quant au pH, il convient de maintenir un niveau inférieur à 7. « Des études ont démontré que les émissions d’ammoniac commencent à pH 7 et atteignent leur maximum à un pH supérieur ou égal à 8, indique Aurélie Buteau. Des traitements existent pour tenter de maîtriser ce paramètre en cours de lot, mais leur efficacité demande à être prouvée. »

Après la phase d’élevage, les effluents deviennent une source majeure d’émissions olfactives. À l’instar de la litière, leur production dépend de l’activité microbienne. « La décomposition anaérobie est la source principale d’odeurs, ajoute la spécialiste. Une bonne porosité à l’air et un contrôle de l’humidité des effluents permettent d’éviter ce phénomène. »

Vincent Guyot

En test, un « nez électronique »

Des méthodes de mesure de la concentration des odeurs existent d’ores et déjà. Celle-ci se définit comme « le nombre nécessaire de dilutions d’un échantillon odorant pour obtenir un mélange dont l’odeur est perçue par 50 % d’un jury de nez ». Pour autant, « il est impossible de suivre la concentration d’une unique molécule pour quantifier les odeurs d’un élevage de volailles », avise Aurélie Buteau.

L’Itavi poursuit des travaux d’évaluation d’un nez électronique utilisable en élevage. « Il pourrait trouver son utilité au sein d’organisations de producteurs ou de groupements. »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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