Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

« Nous utilisons de la mouture de pain dans la ration de nos 230 laitières »

réservé aux abonnés

 - -->
Le conditionnement est réalisé en big-bags stockés à la ferme, sur palettes et sous abri.

Les associés de la SCL de la Félière incorporent 2 kg de farine issue des invendus de boulangeries, sans sacrifier les performances de leurs prim’holsteins.

Avec un niveau d’étable moyen de 11 508 kg de lait par vache, des taux butyreux et protéiques de 40,1 et de 34,5 g/kg et 220 vaches laitières présentes en moyenne à la traite, les résultats techniques de la Société civile laitière (SCL) de la Félière à Missy, dans le bocage du Calvados, sont au rendez-vous. « La mise en place de la traite robotisée avec quatre stalles depuis un peu plus d’un an a donné un coup de pouce à ces chiffres, estime François David, l’un des associés de la SCL. Le troupeau tourne, en effet, à 2,5 traites par vache et par jour en moyenne. »

Quinze tonnes par mois

Depuis octobre 2016, les éleveurs incorporent 2 kg de mouture de pain par vache et par jour dans la ration, composée en matière brute de 35 kg de maïs ensilage, 10 kg d’ensilage d’herbe, 2 kg de maïs épi ensilé et 2 kg de correcteur azoté (44 % de protéines). « Nous nous procurons la mouture auprès de l’association Agri’pain (lire l’encadré ci-contre). Nous en consommons une quinzaine de tonnes chaque mois, détaille François. C’est un aliment chargé en amidon, que la cuisson a rendu extrêmement fermentescible. Le risque d’acidose est important. Nous sommes très attentifs à équilibrer la ration en fibres. En revanche, c’est idéal pour obtenir un effet “coup de fouet” dans le rumen, en complément de sources d’amidon un peu moins rapidement digestibles. »

La SCL de la Félière est le principal client de cette filière. « Nous en avons été le premier acheteur, retrace l’agriculteur. Au démarrage, Agri’pain avait besoin d’un élevage comme le nôtre qui puisse s’engager sur des volumes assez importants, afin de pouvoir amorcer la ligne de production. » Aujourd’hui, nous nous sommes regroupés avec un éleveur voisin, et commandons une dizaine de camions par an. Le chargement est assuré en big-bags d’environ une tonne chacun. Le stockage est effectué sur la ferme, dans un silo couloir couvert et sur palettes.

Un produit « prêt à l’emploi »

Sortie des ateliers, la mouture est un produit très sec (90 % de matière sèche) et sensible à l’humidité. François est conscient des risques de participer à une si petite filière. « Il suffit d’une panne sur l’atelier et l’approvisionnement n’est plus assuré. Dans ce cas, nous serions amenés à réduire les quantités dans la ration pour éviter la rupture. Au sein de la SCL, nous nous attachons à limiter autant que possible les transitions brutales de ration. C’est toujours très pénalisant. »

Les éleveurs achètent la mouture au prix de 180 €/t et le transport leur revient à 13 €/t, soit un coût total rendu à la ferme de 193 €/t. « C’est sans doute un peu plus cher que du blé fourrager, mais le taux de MAT de 13,5 % est meilleur, mesure François. C’est aussi un produit transformé prêt à l’emploi. Nous avons surtout la satisfaction de participer à une filière de réinsertion des personnes éloignées de l’emploi et au recyclage de produits qui seraient autrement destinés à l’incinération. »

Les agriculteurs organisent aussi régulièrement des visites de la ferme à destination des salariés de l’atelier, pour qu’ils puissent voir également le résultat de leur travail.

Alexis Dufumier

Une filière d’insertion

La mouture de pain proposée aux éleveurs est issue du travail de collecte, de tri et de transformation des invendus de boulangeries effectué par l’association Agri’pain. Cet atelier, basé près de Caen, embauche chaque année une vingtaine de personnes « éloignées de l’emploi ». Il a été mis en place par l’association « Revivre ».

En 2019, Agri’pain a collecté 400 tonnes de pain. À moyen terme, l’objectif de l’association est de passer à 700 tonnes. À l’issue de leurs contrats de travail au sein de l’atelier, 50 % des personnes retrouvent un emploi.

« En complément des amidons lents, la mouture de pain favorise l’activité du rumen », constate François David. © A. Dufumier
Imprimer Envoyer par mail Commenter
En direct
Afficher toutes les actualités

Cet article est paru dans La France Agricole

Transmission & Patrimoine : tous les conseils pour passer le relais !