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« Nous partons six semaines grâce à la monotraite »

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Organisation. © i. logvenoff

Dans les Côtes-d’Armor, le système de Maud Cloarec allie monotraite, vêlages groupés, et assolement tout herbe. Un choix original qui concilie performance économique et temps libre.

Maud Cloarec aime son métier d’éleveuse. Autant, probablement, que son temps libre. « Nous partons un mois et demi chaque année », calcule-t-elle.

En 2013, lorsque Franck, son compagnon, reprend l’exploitation de son père située au Haut-Corlay, dans les Côtes-d’Armor, elle décide de s’installer en Gaec avec lui. Il leur faudra quatre ans pour faire évoluer cet élevage traditionnel vers un nouveau système bio, alliant un assolement tout herbe, des vêlages groupés et la monotraite. « Cela nous permet de conserver la valeur ajoutée créée sur l’élevage, tout en simplifiant le travail », assure l’éleveuse.

L’année de l’exploitation commence en mars, avec la saison des vêlages. Quarante naissances environ sont réparties sur neuf semaines. Les vaches sont aussitôt mises à l’herbe et traites deux fois par jour. « Tout l’enjeu, c’est de mener un pâturage impeccable », appuient Maud et Franck. Le couple doit ménager un équilibre subtil afin de produire leur stock de fourrage pour l’hiver, tout en conservant une surface de pâturage adaptée au troupeau. La surveillance est constante : chaque semaine, la hauteur d’herbe est mesurée à l’herbomètre. Dès que la pousse s’accélère, la distribution de foin est arrêtée, pour contrôler la hauteur d’herbe au pré. Lorsqu’elle atteint 20 cm, malgré le pâturage, la fauche est déclenchée.

Tenir son calendrier

La saison de foins et d’insémination démarre à la mi-juin, et se poursuit pendant un mois et demi. « À partir de la mi-juillet, on passe en monotraite », expliquent les éleveurs. La salle de traite est fermée fin décembre, ouvrant la période de tarissement d u troupeau. Les exploitants peuvent alors s’accorder des vacances. Aujourd’hui, le couple produit près de 200 000 litres de lait par an avec cinquante vaches laitières. « La quantité n’a baissé que de 17 % par rapport à la réalisation d’une traite biquotidienne constante », confie Maud. Cette perte est compensée économiquement par la production d’un lait plus riche. « Nous obtenons actuellement une plus-value moyenne de 60 €/1 000 l avec les taux, ce qui nous donne un prix du lait bio proche de 510 €/1 000 l », poursuit-elle.

Le pic de production au printemps, engendré par les vêlages groupés, ne semble pas – pour l’heure – gêner Biolait, le collecteur de Maud et Franck. « Dans notre bassin de collecte, nous sommes quarante à pratiquer cette technique », indiquent les éleveurs. La hausse saisonnière de la production ne dépasserait pas 1 %, selon leurs estimations. 

Ivan Logvenoff
La reproduction comme pilier du système

Il a fallu trois ans aux éleveurs pour grouper les vêlages, en arrêtant d’inséminer pendant certaines périodes, et en allongeant parfois des lactations jusqu’à un an et demi. Le but : inséminer tout le troupeau en juin.

Au cours de ce processus, Maud et Franck ont essayé de limiter les réformes, afin de conserver un troupeau et maintenir un chiffre d’affaires suffisant.

L’insémination représente, par ailleurs, une opportunité d’adapter les bêtes à leur système. Partis de quatre races pures (prim’holstein, pie rouge, normande et simmental), le couple a rajouté du sang rouge scandinave et frison néo-zélandais, aboutissant à des croisées de quatre ou cinq voies. Leur objectif est d’avoir des vaches très fertiles, aptes à la reproduction à deux ans, et dont les lactations valorisent bien l’herbe. La stratégie semble payante, puisque cette année, le taux de réussite en première insémination est de 80 %.

L’exploitation en chiffres

2 associés

50 vaches laitières, 200 000 l de lait par an

70 ha de SAU, en totalité en prairies

Lait vendu 510 €/1 000 l en bio, primes comprises

Aucun concentré acheté

25 heures de travail par semaine et par personne en moyenne annuelle

Chiffre d’affaires : 164 000 €, dont 100 000 € de lait

Prêts : 25 000 € d’annuités

Charges d’exploitation : 50 000 €

Revenu disponible : 90 000 € à deux

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Cet article est paru dans La France Agricole

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