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« Nous nous sommes associés pour créer un atelier de pondeuses »

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Jean-François Charpentier (à g.) et Jean-François Logut (à d.) ont créé une unité de production d’œufs bio, notamment pour pérenniser l’emploi de trois de leurs salariés (au centre). © Camile Penet

Tout en gardant chacun leur propre exploitation, Jean-François Charpentier et Jean-François Logut ont créé une EARL pour élever 15 000 poules en bio.

Jean-François Charpentier est semencier et producteur de céréales sur 160 ha au sein de la commune de Thodure, en Isère. À quelques kilomètres de là, à Marcollin, Jean-François Logut exerce le même métier sur 100 ha avec, en plus, une production de fraises. Les deux agriculteurs se connaissent depuis longtemps et mutualisent main-d’œuvre et matériels pour leur production respective de semences. « En 2016, nous avons commencé à réfléchir ensemble à la création d’un nouvel atelier permettant de nous diversifier et de pérenniser l’emploi de trois de nos salariés en leur offrant des perspectives­ d’installation. Le marché de l’œuf étant en pleine expansion, nous nous sommes intéressés de plus près à cette production », expliquent-ils. Le rapprochement de leur coopérative, la Dauphinoise, avec Baby Coque et la création­ d’Envie d’œufs Sud-Est achèvent de les convaincre. Ils créent l’EARL Les Gallines, une unité de production d’œufs bio en intégration. « Nous avions envie de nous orienter vers le bio depuis un moment, la création du poulailler était une belle occasion de franchir le pas », explique Jean-François Charpentier. Il justifie le choix de l’intégration pour des questions de sécurisation. « Nous savons ce que nous allons gagner sur le long terme. De plus, le contrat que nous avons signé, d’une durée de quinze ans, couvre la durée d’amortissement du bâtiment. C’est une véritable sécurité pour nous. »

Œufs bio en intégration

Pour finaliser leur projet, les deux producteurs décident de mettre 85 ha en commun au profit de la structure. Il s’agit de parcelles faciles à convertir en bio et irrigables. Avec la reprise de 15 ha d’une exploitation voisine, l’EARL compte désormais 100 ha en bio ou en cours de conversion. « Cette mise en commun était l’opportunité de tester le modèle de l’agriculture biologique sur nos grandes cultures, mais surtout de valoriser nos fientes », explique Jean-François Logut.

Pour les éleveurs, il était important de s’associer dans un tel projet. « Être à deux comporte beaucoup d’avantages. Cela nous a permis de concevoir une unité de production plus importante, de mutualiser les risques, les responsabilités et les investissements. » Ceux-ci se sont élevés à 952 000 €, comprenant le poulailler et le bâtiment pour le stockage­ des fientes. Les deux exploitants appuient aussi leurs arguments sur le partage du travail. « À deux, nous pouvons effectuer des tours de rôle, notamment pour les week-ends. »

Bâtiment automatisé

Le bâtiment de 2 800 m2, entouré de 6 ha de parcours, a accueilli les premières poulettes en juin 2018 : 15 000 au total, réparties en lots de 3 000. Il est composé d’une unité de 9 000 poules d’un côté et de 6 000 de l’autre, séparées par l’espace de conditionnement. Des perchoirs aux pondoirs en passant par les éclairages et le parcours, tout a été pensé pour le confort des poules et des éleveurs. « Tout est automatisé. Nous recevons les informations nécessaires en direct depuis notre téléphone. Cela apporte une véritable souplesse dans le travail. » Les poulettes arrivent à l’âge de 16 semaines et restent entre 13 et 14 mois au sein de l’exploitation avant d’être réformées. Avec désormais le recul d’une bande achevée (lire l’encadré), les deux éleveurs sont très satisfaits.

Camille Penet

Des résultats techniques au rendez-vous

« Nos résultats sont plus qu’encourageants, avec une moyenne de 360 œufs par poule, contre 300 prévus dans notre contrat. C’est, comme nous l’espérions, un très bon complément à nos activités de grandes cultures et semences », se réjouissent Jean-François Charpentier et Jean-François Logut. Les 13 500 œufs pondus en moyenne par jour sur la durée d’élevage sont collectés, triés et mis en alvéoles automatiquement. Les palettes sont ensuite expédiées à Envie d’œufs Sud-Es­t, qui assure le conditionnement et la commercialisation.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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