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« Nous introduisons des brunes des Alpes avec nos prim’holsteins »

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Mixité - « Nous introduisons des brunes des Alpes avec nos prim’holsteins »
« Sur 90 vaches laitières, nous avons, aujourd’hui, 11 brunes et 9 croisées qui seront bientôt rejointes par 8 primipares brunes », explique Mélody Delahais. © A. Dufumier

Le Gaec de Fréfossé développe une mixité de race au sein de son cheptel originellement 100 % prim’holstein. Un choix de passion autant que de raison.

Pour retracer l’histoire de la brune des Alpes au sein du Gaec de Fréfossé, situé au Tilleul, en Seine-Maritime, il faut remonter une dizaine d’années en arrière.

C’est en 2012 qu’une tête brune pointe pour la première fois le bout de son nez dans le troupeau 100 % prim’holstein de la ferme familiale, qui surplombe les falaises d’Étretat. « C’était un hasard lié à l’achat d’un lot de génisses », retrace Mélody Delahais, dix-huit ans, qui prend en charge le développement de la race alpine au sein du Gaec constitué par son père Sébastien Delahais et son oncle Matthieu Delahais.

Achat et croisement

Cette race a rapidement tapé dans l’œil des éleveurs. La jeune agricultrice lui voue d’ailleurs une véritable passion qu’elle partage sur son compte Instagram (1). Mais il faut attendre 2016 pour que les associés décident véritablement de mixer la brune des Alpes par achat extérieur et croisement. Actuellement, le cheptel de 90 vaches, qui produit 820 000 l de lait par an, comporte 11 vaches de race brune et 9 croisées. Elles seront rejointes, cette année, par 8 primipares brunes nées sur la ferme. D’ici à trois ans, les brunes devraient représenter 40 % des effectifs.

La stratégie de croisement d’absorption adoptée au départ a été abandonnée car les deuxièmes et troisièmes générations étaient jugées peu performantes. Les éleveurs privilégient le renouvellement en race pure en insémination artificielle (IA) et semences sexées femelle. L’élevage fait appel aux compétences de l’association Brune génétique service pour effectuer les croisements. Un taureau de ferme de race brune est également présent pour les vaches les moins fécondes. La mise en première IA se fait à 400 kg pour un âge au premier vêlage sur la ferme de 28 mois. « Une brune a le même gabarit qu’une prim’holstein. Nous les conduisons de la même manière », complète la jeune éleveuse.

Une race souple

Le premier objectif des exploitants avec cette race a été de faire progresser les taux butyreux et protéiques (TB et TP) sans sacrifier la production laitière. Les éleveurs sont, en effet, contraints par la place dans les bâtiments et par le temps passé à la traite (système 2 × 7). La race brune offre en la matière l’avantage de bénéficier du progrès génétique lié à des effectifs importants dans le monde (deuxième race laitière) avec un bon niveau d’étable. Aujourd’hui, les brunes du troupeau produisent 7 500 l de lait par an en moyenne avec 46,5 g/kg de TB et 33,5 g/kg de TP. Les prim’holsteins donnent, quant à elles, 9 300 l de lait à 40,5 de TB et 30,5 de TP.

Mis à part le compromis trouvé entre les taux et la production laitière, les éleveurs apprécient la rusticité de la race qui valorise également bien l’herbe pâturée et le foin issu des 70 ha de prairies de l’exploitation. « La brune est aussi très à l’aise en système bio. C’est une souplesse dont nous disposons si un jour nous devions décider d’une conversion », anticipe Mélody.

Par ailleurs, les exploitants ne cachent pas qu’ils affectionnent le caractère très doux, très attachant et proche de l’homme de la race. « Pouvoir continuer à prendre du plaisir au travail est aussi un critère important dans nos choix », appuient-ils.

Alexis Dufumier

(1) instagram.com/@ les_brunes_de_normandie

« Taillée pour l’avenir »

« Lorsque l’on additionne les qualités de la race brune, je constate que c’est une vache qui répond à de nombreux défis qui nous attendent, avance Mélody Delahais. Je pense au changement climatique, à l’environnement, au bien-être au travail et au bien-être animal… La brune est à mon sens taillée pour l’avenir. »

La jeune éleveuse estime que ses vaches sont peu malades, tolérantes aux températures basses comme hautes, et qu’elles valorisent bien l’herbe. En somme, des vaches « capables de faire des carrières longues ».

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Cet article est paru dans La France Agricole

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