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« Nous évaluons le niveau de bien-être de nos bovins »

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Pour Laurent (à g.) et Vincent Cuny, en compagnie de Shirley Latzer, en charge des démarches qualité chez Cal-élevage, « le diagnostic BoviWell nous permet de communiquer de façon positive sur nos méthodes et notre savoir-faire. » © D. PERONNE

Dans le cadre du contrat « McDo », la section élevage de la Coopérative agricole lorraine a réalisé le diagnostic BoviWell chez Vincent et Laurent Cuny.

Le 28 août 2018, le Gaec de Saint-Rémy, à Xonville, en Meurthe-et-Moselle, faisait l’objet d’un diagnostic BoviWell. L’objectif de la démarche est d’apprécier le niveau de bien-être des animaux grâce à cet outil, qui permet de recenser une cinquantaine de données. Dans ce Gaec familial à cinq associés avec deux salariés, la totalité des taurillons laitiers est vendue en contrat dit « McDo » (1) approvisionnant la chaîne de restauration rapide, soit 155 animaux l’an passé. Sur cette structure de 430 ha, dont 200 ha de cultures de vente, l’atelier lait est de 120 VL.

« Le diagnostic BoviWell se fait en deux temps, explique Shirley Latzer, chargée des filières qualité élevage à la Coopérative agricole lorraine (Cal). Le technicien rassemble d’abord les informations existantes sur l’exploitation, notamment les points de la Charte des bonnes pratiques d’élevage relatifs au bien-être animal, le taux de mortalité des animaux, celui des cellules pour l’atelier lait, la méthode d’écornage, de parage… Puis il se rend dans les bâtiments pour réaliser des observations : surface par animal, accès à l’eau, état corporel, propreté, réaction des animaux à l’approche d’un tiers, permettant d’évaluer leur niveau de stress. »

1 500 diagnostics en France

L’outil définit ensuite le classement de l’élevage, sur la base de quatre niveaux : de « non classé » à « excellent ». Ces résultats sont donnés par catégorie animale : vache laitière, jeune bovin… Le Gaec Saint-Rémy a reçu la qualification « supérieur ». Les points à améliorer portent sur la méthode d’écornage et sur la sensibilité un peu élevée des animaux au stress. « Le diagnostic nous a pris trois bonnes heures, explique Vincent Cuny, un des associés. Nous sommes habitués à ce genre d’évaluation dans le cadre de la Charte des bonnes pratiques. Depuis que nous sommes en contrat “McDo”, cela devient presque un passage obligé. »

Et son frère Laurent de souligner : « C’est aussi un atout pour nos élevages. Cela permet de communiquer de façon positive sur nos méthodes, notre savoir-faire, tout en mettant en évidence les points d’amélioration. »

« À la différence des associés du Gaec, certains éleveurs voient la démarche comme une nouvelle contrainte, précise Shirlery Latzer. Même s’ils admettent qu’elle ne peut être que favorable pour l’ensemble de la filière en termes d’image. D’autant que McDonald’s souhaite que tous les éleveurs partenaires réalisent le diagnostic. » Soixante-dix-sept exploitations adhérentes à Cal-élevage ont été évaluées en 2018, et 80 % d’entre elles sont classées “supérieur” ou “excellent”. Un très bon résultat, selon les responsables de la coopérative. Dans toute la France, 1 500 diagnostics ont été réalisés. Des réunions en régions vont être organisées en 2019 avec Moy Park (lire l’encadré) afin de partager les résultats avec les éleveurs et échanger sur les suites à donner.

Dominique Péronne

(1) Le contrat « McDo » a représenté 3 300 animaux en 2018 pour Cloé, à un prix moyen des JB de 3,28 €/kg de carcasse. Cloé est la structure de commercialisation commune à Cal-élevage (Meurthe-et-Moselle), Lorca-élevage (Moselle), le Comptoir agricole de Hochfelden (Bas-Rhin) et la Cac (Haut-Rhin).

Vers une grille d’évaluation nationale

Le diagnostic BoviWell (« well » signifiant « bien » en anglais) a été développé par Moy Park Beef Orléans, fournisseur de steaks hachés de McDonald’s France. BoviWell est basé sur les cinq libertés fondamentales de l’animal, le référentiel scientifique européen du bien-être animal, Welfare Quality (1) et sur la Charte des bonnes pratiques d’élevage. L’outil devrait être utilisé plus largement au niveau national et partagé dans le cadre du « Pacte pour un engagement sociétal » sur lequel planche Interbev, l’interprofession bovine.

(1) Projet scientifique centré sur l’intégration du bien-être des animaux dans les filières alimentaires de qualité, cofinancé par la Commission européenne.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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