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« Nous engraissons nos génisses  à l’herbe »

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Croisées salers charolais  - « Nous engraissons nos génisses  à l’herbe »
Benoît Julhes produit des génisses « primeur » pour la filière Casino en valorisant des pâturages de montagne. © Gaec Julhes

À 1 000 m d’altitude, Jean-Pierre et Benoît Julhes finissent des génisses croisées salers charolais au pâturage.

«C’est un voyage professionnel en Irlande, pays “vert” par excellence, qui a fini de me décider, explique Benoît Julhes, installé en Gaec avec son père, Jean-Pierre, à Badailhac (Cantal). Depuis quatre ans, nous engraissons des génisses produites sur l’exploitation pour nous dégager du marché des broutards maigres sur la voie femelle. Nous disposons pour ce faire d’un marché d’animaux “primeur” sur la filière Casino du groupe Altitude, notre coopérative. »

Les deux éleveurs gèrent un atelier naisseur-engraisseur de 100 truies et un troupeau de 75 vaches salers. Ils exploitent 110 ha de SAU, dont 100 de prairies et 10 de céréales. « Nous pratiquons 100 % de croisement charolais et achetons tout le renouvellement. Les veaux mâles sont vendus en broutards pour l’exportation. Nous avons engraissé notre premier lot de génisses en bâtiment. Mais en raison du coût de ration trop élevé, nous avons revu notre façon de faire », explique Benoît. Depuis trois ans, les « babynettes » destinées à l’engraissement sortent au printemps pour une finition au pâturage, avant d’être vendues entre fin juillet et fin septembre.

Pâturage tournant

« Les génisses sortent le 15 avril pour profiter de 10 à 15 jours de transition alimentaire, avant que l’herbe soit vraiment au rendez-vous entre le 25 avril et le 1er mai. » Le pâturage tournant a été adopté. Le lot de 14 génisses est conduit sur 3,5 ha séparés en 10 paddocks groupés autour du bâtiment. Les animaux y disposent d’eau, de foin à volonté et d’une complémentation concentrée. Le rythme de rotation est de 40 ares par UGB à raison de 3 jours par paddock. Les génisses sont complémentées avec un mélange de pulpes de betteraves et de tourteaux, dont la consommation est inférieure à 2 kg/animal/jour (contre 5 kg en bâtiment). « Nous suivons la valeur de l’herbe pour adapter la composition du concentré. L’observation des bouses et des refus en herbe permet de réajuster les apports en fibres. Nous pesons aussi les animaux une fois par mois pour suivre leur croissance, avec l’objectif d’un GMQ de 900 g sur cette période. Les ventes des génisses qui pèsent 600 kilos vifs en moyenne sont terminées avant l’automne. »

Les génisses salers achetées chaque année chez le même éleveur pour le renouvellement vêlent à 30 mois. La rusticité de la race et le choix d’un mâle charolais à fort index de facilité de naissance (115 pour les génisses, 97 à 100 pour les vaches) permettent des vêlages sans problèmes. Les index de croissance entrent aussi dans le choix des taureaux d’IA (110 sur les génisses et de 120 à 127 sur les vaches). « Nous gagnons plusieurs jours d’engraissement en fonction du choix des géniteurs. »

Vendre des animaux finis permet d’améliorer les marges de l’élevage, « à condition de maîtriser les coûts de production, souligne Benoît. Nous avons la chance de bénéficier d’une filière bien identifiée. L’impact sur l’élevage n’est pas négligeable. Deux génisses peuvent remplacer une vache. Nous avons déjà réduit le troupeau de 80 à 75 vaches. Mon père se rapprochant de la retraite, l’objectif est de l’abaisser à 70 têtes. »

Monique Roque Marmeys

Chiffres 2019

• 14 génisses vendues dans la filière « primeur » Casino.

• Âge à l’abattage de 18 à 22 mois.

• Poids moyen de carcasse de 336 kg (R =), valorisée 4,07€/kg.

Gagner en autonomie alimentaire

« Nous souhaitons augmenter notre autonomie énergétique et azotée pour réduire le coût des rations hivernales composées de foin et d’un mélange de céréales et correcteur azoté, explique Benoît Julhes. Pour cela, nous semons ce printemps 4 ha d’un mélange de 25 % de brome et 75 % de luzerne. L’objectif est de produire un foin plus riche afin de diminuer la part de concentrés distribués. L’idéal serait de la diviser par deux. Une ration hivernale moins onéreuse permettrait, à terme, de finir des génisses et des vaches de réforme durant l’hiver. »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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