«C’est à la construction d’un nouveau bâtiment contenant 74 places, pour nos laitières que nous avons décidé de tester l’allaitement des veaux sous les vaches plutôt que d’investir dans une nurserie », expliquent Philippe Venzac et David Aymar, installés sur 113 hectares avec 65 vaches brunes et prim’holsteins à Mourjou - Puycapel, dans le Cantal.

En 2016, les deux éleveurs réunissent leurs deux exploitations, créant le Gaec du Quart d’heure, et font une conversion en agriculture biologique. « Outre l’économie d’une nurserie, nous avons raisonné le choix de cette pratique novatrice pour gagner du temps d’astreinte au quotidien. Faire réchauffer le lait, faire téter les veaux au seau, laver les pots… prendrait en moyenne trois heures par jour, estiment les éleveurs. Nous avons fait un premier test avec dix veaux sous les vaches et trente au biberon. L’année suivante, nous inversions ces proportions et, aujourd’hui, nous produisons nos veaux naissants et nos génisses d’élevage sous les vaches. »

Les nouveau-nés tètent le colostrum et restent avec leur génitrice. Les mâles et les femelles destinés à être vendus en veaux de quinze jours à trois semaines sont élevés sous leur mère. « Les veaux ont une croissance plus rapide qu’au biberon », précisent Philippe et David. Les femelles gardées sur l’élevage restent sous leur mère pendant une semaine. Elles sont ensuite confiées par lots de trois à une vache nourrice, qu’elles tètent jusqu’à leur sevrage à huit mois. Elles sont ainsi ensemble aussi bien dans la stabulation qu’au pré, après leur mise à l’herbe. « Cette vision peu fréquente en élevage laitier peut surprendre », sourient les associés.

Vêlage à deux ans

« Nous sommes très satisfaits de cette pratique. Les génisses n’ont plus de problème de transition quand elles passent à l’herbe (elles sont déjà habituées à la clôture) ou au foin, étant donné qu’elles avaient déjà cette ration avec leur nounou. Les mesures faites par le contrôle laitier témoignent d’un meilleur développement morphologique. Nous avons des animaux robustes que nous pouvons mettre à la reproduction entre 13,5 et 15 mois pour des vêlages précoces à deux ans. Les premières génisses élevées sous les vaches ont vêlé au mois de juin dernier, tout s’est bien passé », expliquent les éleveurs.

Les nourrices sont choisies parmi des vaches calmes et pleines d’un mois. Ce peut être aussi une bête ayant un problème de cellules (qu’une tétée pendant huit mois peut résoudre), des taux faibles ou encore une fin de carrière. Les génisses élevées sous les nourrices sont très familières. Les éleveurs craignaient qu’elles se tètent entre elles, mais aucun cas ne s’est finalement avéré.

Monique Roque Marmeys

L’experte
« Des croissances supérieures à la moyenne »

« Cantal conseil élevage s’est intéressé à cette pratique peu courante testée par le Gaec du Quart d’heure. Pendant deux ans, un technicien a mesuré les tours de poitrine d’un premier lot de 11 génisses élevées au biberon et d’un second de 37 génisses élevées sous des vaches nourrices.

À six mois, ces dernières affichent 135 cm de tour de poitrine contre 129 cm pour les génisses au biberon (avec un objectif de 127 cm). Elles gardent cette avance à 12 mois avec 157 cm contre 150 cm, tout comme au moment de leur mise en reproduction, avec 178 cm contre 169 cm à l’IA. »

Élisabeth Bonnal, technicienne Cantal conseil élevage

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