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« Nous élevons huit races bovines différentes »

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Diane et Emmanuel Trompette privilégient des races allaitantes rustiques et des races laitières mixtes. © D. Péronne

Diane et Emmanuel Trompette ont opté pour un troupeau allaitant multirace. Une production qu’ils valorisent uniquement en vente directe.

Montbéliarde, salers, aubrac, rouge des prés, normande, vosgienne, prim’holstein, simmental. Huit races bovines cohabitent chez Diane et Emanuel Trompette, à Châtillon-sous-les-Côtes, dans la Meuse. « Nous aimons la couleur », soulignent les éleveurs au parcours et aux choix atypiques. Le couple s’est installé en 2002 au sein de l’exploitation des parents d’Emmanuel après avoir vécu dans le Jura et travaillé en dehors du secteur agricole. Emmanuel a une formation de technicien en industrie et Diane est titulaire d’un BTS en agroalimentaire. à cette époque, ils produisent du lait et des céréales.

Achats et croisements d’absorption

En 2016, ils démarrent la vente directe de viande bovine en s’équipant d’un laboratoire de découpe. Dans un premier temps, ce sont les veaux laitiers et les vaches de réforme qui empruntent ce circuit de valorisation. L’activité prend de l’ampleur. Le couple décide de cesser la production laitière en novembre 2017 et de diversifier les races du troupeau pour produire de la viande.

Ce changement de cap s’est opéré par des achats d’animaux, ainsi que des croisements d’absorption, à partir d’un troupeau laitier 100 % prim’holstein. Aujourd’hui, l’élevage compte 150 têtes (60 mères et leur suite), dont un tiers de prim’holsteins, un tiers de montbéliardes et autant de croisées.

La montbéliarde a été introduite en premier, en souvenir des années jurassiennes, mais surtout parce qu’elle offre une meilleure valorisation grâce à sa mixité. « Elle a néanmoins été trop sélectionnée pour son lait, perdant ses atouts de rusticité », estime Emmanuel. Des simmentals ont également rejoint le troupeau pour les mêmes raisons. Les éleveurs ont ensuite intégré quatre vaches pleines de race salers. Elles donneront quatre génisses, elles-mêmes mises à la reproduction. « Ce sont des bêtes calmes, qui vêlent facilement », précise Diane.

En parallèle, les éleveurs ont recours à l’insémination artificielle et introduisent ainsi la vosgienne. « Certains animaux ont un caractère à viande très affirmé », appuie Emmanuel.

Vers davantage de rusticité

Avec le développement de l’activité de vente directe, qui prend du temps pour la découpe et la commercialisation sur les marchés, le suivi des chaleurs devient progressivement un problème. Emmanuel et Diane décident d’acheter deux taureaux : un aubrac et un montbéliard. Dans l’ensemble, les vêlages se passent bien. « Sur la soixantaine de mises bas par an, je n’interviens que rarement », souligne l’exploitant.

La ration à base de foin, de maïs épi et d’ensilage d’herbe est identique pour toutes les vaches. En raison de la conversion en agriculture biologique de l’exploitation, la culture du maïs est en passe d’être arrêtée. Le fourrage sera remplacé dans la ration par du méteil et de la farine de blé.

« Pour être en cohérence avec notre système, nous conserverons, à terme, uniquement les races les plus rustiques. Elles valorisent correctement les fourrages grossiers. Nous allons progressivement abandonner la prim’holstein et la rouge des prés pour développer l’aubrac et la salers, qui correspondent à ce que nous recherchons. »

Dominique Péronne

« La qualité prime »

Diane et Emmanuel Trompette transforment environ une bête par semaine. Les animaux sont abattus à Verdun, à 12 km de l’élevage. Les éleveurs obtiennent 140 à 150 kg de carcasse pour les veaux de 6 à 8 mois et 330 à 340 kg pour les vaches de réforme et les bœufs. Afin de rentabiliser leur atelier de découpe et de proposer un large choix de produits, le couple travaille aussi des porcs, des agneaux et des volailles en provenance d’élevages du secteur. Il pratique l’achat-revente. Tous les morceaux sont mis sous vide. Les agriculteurs vendent sur les marchés, grâce à la plate-forme « La Ruche qui dit oui » et au sein de l’exploitation. Ils font également partie du réseau « Bienvenue à la ferme » depuis plusieurs années. « Nos clients nous font confiance. C’est la qualité qui prime », rapportent Diane et Emmanuel.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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