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« Nous contrôlons le taux d’hématocrite de nos veaux »

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Sébastien Flores (en photo), associé à son oncle Jean-Michel Leyris, produit une quarantaine de veaux sous la mère par an. © M. Roque-Marmeys

En régulant avec précision les apports de fer, Sébastien Flores et Jean-Michel Leyris ont gagné en croissance et en qualité de viande de leurs veaux sous la mère.

«Depuis que nous contrôlons le taux d’hématocrite dans le sang de nos veaux, nous avons gagné 20 kg sur le poids à l’abattage, et un mois sur la durée de leur croissance. Nous produisons aujourd’hui une quarantaine de veaux en label rouge par an, qui affichent un poids moyen de 140 kg à 4,5 mois, notés E ou U en conformation et 0 et 1 en couleur de viande, soit blanc et rosé clair », expliquent Sébastien Flores et Jean-Michel Leyris, installés à Seilhac (Corrèze). Leur prix de vente moyen est de 9€/kg de carcasse.

Sébastien et son oncle élèvent 150 vaches limousines sur 140 hectares de SAU consacrés à des prairies permanentes et temporaires. Leur production se partage entre des veaux sous la mère, des broutards, et des reproducteurs mâles et femelles. Toutes les réformes sont finies.

Un contrôle en trois temps

« Les veaux des génisses et ceux des vaches en dernier vêlage sont destinés à la production de veaux sous la mère, avec 80 % des vêlages en septembre et 20 % au printemps. Nos génisses gagnent en docilité et ont du temps de récupération avant leur deuxième vêlage. Produire une viande claire en réduisant les apports en fer, sans provoquer de l’anémie aux veaux, reste un point crucial de cette production techniquement exigeante. »

Aussi simple qu’efficace, le suivi assuré par la coopérative Altitude consiste en une prise de sang, réalisée trois fois dans la vie de l’animal : une première à trois semaines, une deuxième à deux mois et demi et une dernière à quatre mois. « Nous la faisons à l’oreille ou à la queue. Elle est suivie d’une lecture immédiate, sur notre appareil, du taux d’hématocrite et de la teneur en hémoglobine, explique Stéphane Begon, technicien alimentation et approvisionnement et chef de région Limousin pour le groupe Altitude. En fonction des résultats, nous décidons d’apporter ou non du fer et définissons avec l’éleveur les quantités nécessaires. »

Un cas concret : l’analyse de sang d’un veau mâle de six semaines affiche 29 % d’hématocrite et 10 g d’hémoglobine par décilitre. Les tableaux de référence révèlent que le taux de cet animal devrait être de 34 %. La correction de 5 % sera apportée par un apport de 2,5 cc (1) de fer, administrés par injection sous-cutanée dans le fanon de l’animal. « Nous apportons systématiquement 5cc de fer à nos veaux de trois semaines, explique Sébastien, et de 2 à 4 cc, en fonction des résultats de l’analyse, à 2,5 mois. En fin de croissance, nous évitons toute correction, pour préserver la couleur claire de la viande. Le comportement de l’animal à la tétée est révélateur de son état de santé. Un veau anémié perd l’appétit et ne grossit plus. Nous sommes la troisième génération à produire des veaux sous la mère sur notre exploitation. Un produit fini de qualité correctement rémunéré récompense notre travail d’éleveur. »

Monique Roque-Marmeys

(1) Centimètre cube, 1 cc = 1 millilitre.

La mesure du taux d’hématocrite et de la teneur en hémoglobine du sang est réalisée avec un appareil dédié. © M. R.-M.
« Une assurance qualité dans un marché exigeant »

« Un nombre croissant d’éleveurs nous demandent des mesures d’hématocrite dans le sang des veaux. C’est un service que la coopérative assure gratuitement à ses adhérents, explique Stéphane Begon. Près de 40 % de nos 135 éleveurs de veaux sous la mère l’utilisent. Les résultats techniques sur la croissance des animaux et sur leurs résultats à l’abattage témoignent de l’intérêt de ce contrôle précis de l’anémie. »

Pour Laurent Faucher, commercial du groupe Altitude pour la filière veaux sous la  mère, « ce suivi est une assurance qualité importante dans un marché de plus en plus exigeant. Une bonne maîtrise de l’anémie coûte peu cher au regard des résultats qu’elle génère. »

Votre analyse du marché - Bovins de Boucherie

Le recul de l’offre s’accentue

Dans le domaine des races à viande de qualité, le commerce est très calme face au recul des ventes dans la boucherie traditionnelle, mais les faibles disponibilités se montrent favorables à la fermeté des prix. En réformes laitières, la décapitalisation commence à impacter sérieusement l’activité des industriels de la viande. La concurrence entre les abattoirs joue en faveur de la montée des prix.
Votre analyse du marché - Veaux

Disponibilités en baisse

Les besoins des intégrateurs sont en repli en prévision des sorties d’été, mais le recul significatif de l’offre contribue à réguler les échanges. Le tri pratiqué dans les veaux laitiers est moins sévère. La vente sur la France des bons veaux de plus de 55 kg garde une certaine fluidité. Les tarifs sont facilement reconduits, voire en légère progression sur certaines places de marché. La demande en provenance du marché espagnol reste stable.
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Cet article est paru dans La France Agricole

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