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« Nous avons trouvé un débouché rémunérateur pour nos vaches âgées »

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Valorisation - « Nous avons trouvé un débouché rémunérateur pour nos vaches âgées »
De gauche à droite, Fabien Mathieu, associé au Gaec de La Vaissière, Bruno Douniès et Olivier Boulat, membres du collectif Valomac. © L. Pouchard

Didier Mathieu et ses fils, Pierre et Fabien, valorisent une partie de leurs réformes sous la marque privée « Alt. 1886 : les viandes du Massif ».

Au Gaec de La Vaissière, à 1 200 mètres d’altitude à Pierrefiche (Lozère), la famille Mathieu accorde une attention particulière à la finition de ses génisses et vaches de race aubrac. « Mais avec la hausse du coût des aliments, encore faut-il arriver à bien les valoriser », relève Pierre Mathieu.

Inclure les réformes

Depuis 2010, les exploitants commercialisent leurs femelles sous signes de qualité label rouge Bœuf fermier d’aubrac et IGP Fleur d’Aubrac auprès de leur groupement de producteurs Celia (Coopérative d’élevage interdépartemental allaitante). Or, « les exigences respectives des deux démarches ne nous permettent pas d’inclure nos réformes au-delà de dix ans d’âge », informe Fabien. C’est pourquoi les éleveurs ont adhéré, dès son lancement en 2019, à la marque « Alt. 1886 : les viandes du Massif ». « La filière inclut les vaches âgées de dix à douze ans à l’abattage et le cahier des charges, basé sur une conduite à l’herbe, est en adéquation avec nos pratiques d’élevage. » En effet, les animaux valorisés sous cette marque doivent pâturer dès que les conditions le permettent. La surface en herbe doit être supérieure à 75 % et l’alimentation, garantie sans OGM.

Finition de quatre mois

Selon la période de l’année, l’élevage des réformes se termine par une finition de quatre mois, en stabulation en sortie d’hiver ou au pâturage. Elles disposent de paille et foin à volonté, produits sur la ferme. Ces vaches reçoivent en parallèle un concentré à base de 50 % de céréales produites sur l’exploitation et un complément azoté à base de tourteaux de lin. La distribution s’effectue progressivement : 2 kg/animal/jour au démarrage jusqu’à une prise à volonté.

La filière étant en cours de déploiement, les exploitants n’ont valorisé que quatre à cinq réformes depuis 2019. « Mais l’objectif est d’arriver, à terme, à en vendre cinq à dix par an », indique Fabien. « Le prix de vente est élaboré sur la base de l’indicateur de coût de production défini par le Sidam (1) », rapporte Bruno Douniès, secrétaire général de l’association Valomac, créatrice de la marque. Pour 2020, il s’établit à 4,70 €/kgc. Les vaches du Gaec de La Vaissière sont abattues entre 380 et 420 kgc et commercialisées par Languedoc Lozère Viande – filiale à plus de 90 % de la coopérative Celia. « Selon la part de carcasse valorisée sous la bannière “Alt. 1886” , une plus-value est ensuite reversée aux éleveurs adhérents, l’objectif étant fixé à 70 % », ajoute l’expert. « Dans notre cas, la plus-value représente environ 20 % du prix de base payé à l’éleveur par bête», note Fabien.

Lucie Pouchard

(1) Service interdépartemental pour l’animation du Massif central.

Pérenniser une filière locale

« Consolider les filières des systèmes herbagers du Massif central par la construction d’un modèle économique nouveau », tel est le leimotiv de la démarche « Alt. 1886 ». Partie du point culminant du Puy de Sancy, la filière s’étend aujourd’hui sur vingt-deux départements et rassemble trois cents éleveurs au sein des deux OP adhérentes, le groupe Altitude et Celia. « En s’appuyant notamment sur une plus juste rémunération des producteurs, le premier contrat tripartite a été signé avec Languedoc Lozère Viande et le distributeur Système U en octobre 2019 », indique Olivier Boulat, membre du collectif Valomac et vice-président de la FDSEA Lozère.

La marque a d’abord été déployée dans deux magasins U tests, à Mende et à Lodève. « La construction d’une filière vertueuse, à l’échelle locale, nous a séduits », témoigne Nicolas Bringer, PDG du Système U Sud, qui espère élargir la gamme à une centaine de magasins.

En chiffres

• SAU de 460 ha, dont :

- 45 ha de triticale-seigle,

- 95 ha de prairies temporaires de fauche

- le reste en pâturage

• 200 vaches aubracs

• Production : - 100 broutards

- 40 femelles pures en Bœuf fermier d’Aubrac

- 25 croisées Fleur d’Aubrac

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