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« Nous avons revu notre système pour réduire les pathologies de nos vaches »

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Manuel (à g.) et Marcel Fontaine-Passelaigue ont réduit les quantités de concentrés en améliorant la qualité des fourrages et du pâturage pour leurs vaches laitières. © Monique Roque Marmeys

Marcel et Manuel Fontaine-Passelaigue ont travaillé sur l’équilibre sol-plante-animal afin d’améliorer la santé de leur troupeau prim’holstein.

«Si nous n’avions pas modifié en profondeur notre système de production, nous ne serions plus là, expliquent sans ambages Marcel et Manuel Fontaine-Passelaigue, éleveurs laitiers à Sauvagnat-près-Herment (Puy-de-Dôme). L’exploitation familiale sur laquelle s’installent respectivement Marcel en 2001, puis Manuel en 2005, compte 96 ha de SAU et 49 vaches prim’holsteins, dont le lait est livré à la Sica Laqueuille.

Le bilan des pathologies du troupeau était particulièrement lourd durant la saison 2007-2008, avec 10 % de fièvre de lait, 21,7 % de non-délivrance, 23,9 % de mortinatalité et 73,9 % de boiteries. Les charges alimentaires sont conséquentes, avec la distribution de 6 kg de concentrés et 400 g de minéraux par vache et par jour durant l’hiver. L’exploitation n’était pas autonome en fourrages. « Nous avons voulu comprendre ce qui n’allait pas malgré la construction d’un bâtiment neuf en 2003 », poursuivent les éleveurs.

Bien décidés à s’en sortir, ils s’inscrivent aux formations organisées par le Groupement de défense sanitaire (GDS) du Puy-de-Dôme. « L’appui technique que nous avons trouvé auprès des formateurs de 5mVet, Pierre-Emmanuel Radigue, vétérinaire, et Chantal Philippe, agrobiologiste, nous a ouvert les yeux sur les liens entre l’équilibre du sol et des plantes, et la santé des animaux. Après un audit réalisé chez nous, nous avons bénéficié de leur aide pour modifier des points clés de notre système fourrager. »

Des fourrages de meilleure qualité

Les premiers soins concernent les sols, avec des amendements calcique et silicique qui permettent de redresser le pH de 4,5 à 6,8. Une fumière couverte est également construite afin de valoriser au mieux le fumier produit sur l’exploitation. Quatre hectares de méteil sont introduits dans l’assolement dès 2012, quatorze hectares ont été semés à l’automne 2019. Quatre-vingt hectares de prairies ont été ensemencés (sans labour) avec des mélanges suisses. « La qualité de nos fourrages s’est nettement améliorée. L’an passé, l’ensilage affichait 3,2 g/kg de MS en phosphore et 7,8 g/kg de MS en calcium. Nous avons divisé par deux les quantités de minéraux distribués aux vaches. Celle des concentrés est réduite à 3 kg par vache et par jour durant l’hiver, avec une ration composée de 70 % de foin et 30 % d’ensilage de méteil. En année normale sur le plan climatique, nous sommes autonomes en fourrages. »

Les éleveurs ont adopté le pâturage tournant dynamique (ou pâturage technique) en visant un meilleur respect des sols (moins de tassement, enracinement plus profond), une résistance plus efficace à la sécheresse, une quantité et une qualité de l’herbe accrues, et une diminution du parasitisme. « Nous utilisons 40 paddocks d’un hectare qui sont divisés en deux, avec 0,5 ha pâturé le jour et 0,5 ha la nuit. Cette pratique exigeante porte ses fruits en améliorant la qualité de la flore et la quantité des stocks, soulignent les deux frères. Nous sommes conscients du travail qu’il reste à accomplir mais nous avons retrouvé confiance en nous. » Les pathologies les plus marquantes ont considérablement reculé, avec 6 % de fièvre de lait, 2 % de non-délivrance, 14 % de mortinatalité et 2 % de boiteries sur la campagne 2017-2018.

Monique Roque Marmeys

Un bâtiment réaménagé

Le bâtiment existant - une stabulation sur caillebotis avec un couloir d’alimentation et une aire paillée - a été transformé avec l’installation de logettes paillées. Le sol est rainuré pour éviter que les animaux glissent. La ventilation a été améliorée en ajourant le bardage sur toute la longueur située au Sud. Le système d’abreuvement, jugé insuffisant d’après la mesure des index de déshydratation des animaux, a été modifié avec l’installation de trois bacs de 6 mètres linéaires chacun.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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