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« Nous avons éradiqué la besnoitiose »

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Lutte sanitaire. Jean-Marie (en photo) et Éric Clair ont aujourd’hui entièrement assaini leur troupeau, alors que près de 80 % du cheptel souffrait de besnoitiose en 2016. © C. Penet

Jean-Marie et Éric Clair ont initié un important travail d’assainissement sur leur troupeau de vaches allaitantes, avec des mesures d’allotement et des analyses systématiques.

Au Gaec Le Planas, la sentence est tombée il y a deux ans : trente deux bêtes sur quarante se sont avérées positives à la besnoitiose bovine. « Après avoir eu un cas clinique, une bête qui s’amaigrissait à vue d’œil, nous avons fait analyser l’ensemble du troupeau. Nous ne nous attendions pas à autant de positives », se souvient Jean-Marie Clair, installé avec son frère Éric à Pranles, en Ardèche. Pour les deux associés, pas question de prendre le risque de voir apparaître de nouveaux cas cliniques. « Même si nous savions que la besnoitiose entraîne normalement peu de mortalité, nous savions aussi qu’elle pouvait engendrer une réelle dégradation de l’état de santé du troupeau, avec des conséquences économiques importantes. Nous avons donc pris la décision de mettre en place un plan d’assainissement, étalé sur plusieurs années, pour nous débarrasser de tous les bovins porteurs de la maladie », explique Jean-Marie.

Leur stratégie : répartir, en deux lots bien distincts et éloignés l’un de l’autre, les animaux positifs et les autres négatifs. « Ce qui engendre de nombreuses contraintes, notamment en hiver. Heureusement, nous avons eu l’année dernière un hiver assez doux. Les vaches positives sont restées dehors durant cette période, et j’ai inversé le printemps venu », indique l’éleveur. Comme cette maladie se transmet surtout par des insectes piqueurs, il a également prévenu ses voisins. « Tous ont joué le jeu et ont fait analyser leurs troupeaux, souligne Jean-Marie. Ceux qui avaient des résultats positifs ont, dans la foulée, démarré un plan d’assainissement. »

Rester dans les clous de la Pac

Les deux frères ont également mis en place le contrôle à l’introduction. « Grâce au ‘ kit intro ‘,  proposé gratuitement par le GDS de l’Ardèche, toutes les bêtes que nous avons achetées pour renouveler le troupeau ont été dépistées pour la besnoitiose, mais aussi pour l’IBR, la BVD et la paratuberculose. » Ils ont également réalisé des analyses systématiques sur l’ensemble du troupeau, au moment des dépistages annuels de prophylaxie, pour vérifier s’il n’y avait plus de besnoitiose. Une stratégie que s’est avérée payante. « Aux dernières analyses, tous nos animaux étaient indemnes, précise l’éleveur.

Dans cette course à l’assainissement, le plus difficile a été pour Jean-Marie de rester dans les clous de la Pac. « Un vrai casse-tête, affirme-t-il. Entre les vaches à réformer rapidement et le renouvellement du troupeau avec l’achat de génisses, il n’est pas toujours évident de respecter les différents critères des aides Pac, que ce soit en termes de droits à produire ou de taux de chargement. En parallèle, il a fallu essayer de ne pas avoir trop de pénalités d’abattage en réformant des bêtes pleines ou venant de vêler. » Des conséquences économiques sont non négligeables, « sans compter qu’une bête contaminée qui part en boucherie est moins bien valorisée. On peut vite perdre entre 200 et 800 € par vache », conclut-il.

Camille Penet
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L’exploitation en chiffres

2 UTH  Jean-Marie et Éric Clair

40 vaches allaitantes charolaises et aubracs

60 ha en pré de fauche et pâtures et 2 ha de maïs ensilage

L’expert
« Des aides pour les éleveurs » Christian Boulon, directeur du GDS de l’Ardèche

«Jean-Marie Clair et son frère ont rejoint le Plan besnoitiose du groupement de défense sanitaire, destiné aux éleveurs dont le troupeau est touché par la maladie et qui mettent en place des mesures pour arriver à l’assainissement total du cheptel. Ce programme permet de leur apporter des conseils techniques et des aides financières du GDS de l’Ardèche, de la caisse régionale de solidarité santé animale et du fond de mutualisation des GDS géré par GDS France. Cela permet de dédommager l’éleveur de 310 € par animal abattu. Cette aide est plafonnée selon le pourcentage de contamination et la taille du cheptel. Ce plan d’assainissement s’étale sur une durée plus ou moins longue, définie en accord entre l’éleveur et le GDS. »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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