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« Nous avons créé unatelier de 30 000 pondeusesen plein air »

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Pour Annick Fleuriot, « le plus gros risque dans la conduite de l’atelier est d’ordre sanitaire. Nous avons jusqu’à sept à huit analyses salmonelle par lot ». © A. Brehier

La production d’œufs a permis à Annick Fleuriot de rejoindre son mari sur l’exploitation céréalière.

Ancienne institutrice, Annick Fleuriot est désormais éleveuse de poules pondeuses à Latrecey, en Haute-Marne. En 2018, elle a rejoint la ferme céréalière de son mari Jean-Baptiste, qui compte 300 ha de surface agricole utile (SAU), en ouvrant un atelier de pondeuses en plein air. « L’élevage n’est pas en intégration, souligne le couple. Nous sommes liés à notre acheteur d’œufs, le groupe CDPO (Conditionnement, distribution et production d’œufs) par un contrat de dix ans avec indexation du prix de l’œuf sur celui de l’aliment. L’investissement total s’est élevé à 35,50 € /volaille, soit 1 M€ (1) ».

Annick et Jean-Baptiste ont sélectionné leurs différents partenaires : l’obtenteur des poules, le fournisseur d’aliment ou encore le constructeur du bâtiment. Si les éleveurs ont opté pour l’élevage en plein air, le bâtiment n’en est pas moins pourvu d’un système d’aération efficace, constitué de volets ouvrants latéraux automatiques, d’un lanterneau ainsi que d’un extracteur d’air sur le pignon. Un dispositif de brumisation a été apprécié l’été dernier. Par ailleurs, un système de récupération des œufs pondus hors nids a été mis en place, ainsi qu’un assécheur de fientes.

Soigner le démarrage

Concernant la conduite des animaux, les deux à trois semaines suivant l’arrivée des poulettes – alors âgées de 17 semaines – sont déterminantes : elles doivent apprendre à être mobiles au sein de la volière, et à pondre dans les nids. Parallèlement, il convient de gérer la lumière en l’augmentant progressivement jusqu’à seize heures par jour, ajuster l’alimentation et surveiller les bêtes.

« Une fois le pic de ponte atteint à l’âge de 25 semaines, l’enjeu est de faire grossir les œufs tout en renforçant la solidité des membranes et de la coque grâce à une alimentation adaptée (céréales, tourteaux et minéraux) et enrichie en acides aminés », explique le couple.

L’accompagnement par les techniciens du couvoir et du fabricant d’aliment est apprécié par les éleveurs. Chaque mardi, Annick transmet par e-mail un tableau de bord d’indicateurs techniques (ponte, poids des œufs, consommation d’aliment, mortalité…). « En cas de décrochage, ils interviennent. Nous travaillons ensemble, c’est rassurant. »

Les résultats de la première bande, lancée en septembre 2018, sont encourageants. « Les poules sont restées 57 semaines. Et 349 œufs par animal ont été pondus, contre un standard de 330,5 œufs, détaillent les éleveurs. Leur poids moyen était de 61 g contre un standard de 63 à 64 g. Sur la nouvelle bande, l’objectif est de progresser de 2 g ». Les poules ont consommé moins d’aliments que prévu, à raison de 3,5 t par jour. Aussi, aucun phénomène de picage n’a été relevé.

Conçu pour être géré par une personne

En moyenne, quatre heures de travail par jour sont nécessaires pour les taches d’élevage, de collecte, de tri des œufs, le suivi administratif et sanitaire ainsi que l’entretien. Elles sont le plus souvent réalisées à deux. Le bâtiment, équipé d’un robot pour la mise en palettes des œufs, a toutefois été conçu pour être géré par une personne. « La charge de travail est satisfaisante si l’on accepte l’astreinte quotidienne de l’élevage. » Les agriculteurs peuvent suivre à distance les paramètres du bâtiment, à l’aide d’une application sur smartphone.

Anne Bréhier

(1) Évacuation des eaux, terrassement, raccordement de l’eau et électricité compris.

Les poules, des Lohmann Brown classic, rentrent en bâtiment à la tombée de la nuit. La fermeture des trappes est automatique. © Annick Fleuriot
Des arbres et des haies sur le parcours

Depuis mars dernier, les œufs de la ferme sont valorisés dans le cadre de la filière « Les éleveurs vous disent merci ! », en partenariat avec Intermarché.

La moitié du bonus versé par le distributeur au producteur (0,16 euros par boîte de six œufs) doit être réinvesti pour le bien-être des poules.

Des plantations d’arbres et de haies vont être réalisées pour accroître les zones ombragées sur les 12 ha de parcours (4 m2 par volaille), et ainsi encourager les gallinacés à sortir davantage, même par temps chaud.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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