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« Nous avons accru la productivité de nos laitières pour la transformation »

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Olivier Brianchon (à g.) et Amélie Malaval ont fait confiance à leur vétérinaire Yves Lambert (à d.) pour le suivi complet de leur troupeau. © Y Boloh

Les associés du Gaec Brianchon se sont appuyés sur les conseils de leur vétérinaire pour exprimer le potentiel de production de leurs 100 vaches.

Yves Lambert, vétérinaire, a commencé par intervenir au Gaec Brianchon de Nesle-Hodeng (Seine-Maritime) pour des urgences. Depuis trois ans, les associés, Amélie Malaval et Olivier Brianchon, lui ont confié le suivi de leur élevage (lire l’encadré). Le troupeau de vaches laitières, composé en majorité de normandes, « exprime son potentiel ». En 2017, le Gaec produisait 70 t de fromage avec 80 vaches. En 2020, les associés envisagent de traire 100 vaches pour obtenir 100 t de fromage.

L’exploitation, qui compte 190 ha de SAU, transforme la totalité du lait produit en neufchâtel sous appellation d’origine protégée (AOP). « La demande ne tarit pas et nous tenons à notre appellation fermière en transformant uniquement notre lait, explique Olivier. Auparavant, lorsque nous achetions des vaches, elles ne s’adaptaient pas. Le contrôle laitier établissait des rations pour atteindre 22 kg/jour de lait par vache, mais nous n’arrivions jamais à plus de 17 kg. Cela coûtait et ne répondait pas au besoin d’accroître le volume de production. »

Dans l’objectif de « libérer » le potentiel du troupeau, Yves Lambert s’est d’abord intéressé à l’élevage des veaux, en faisant le point sur la mortalité, les diarrhées et les retards de croissance. Avec les éleveurs, il a travaillé sur la qualité du colostrum à distribuer dans les premières heures de vie, sur le plan d’alimentation ainsi que sur le logement, en encourageant l’usage de cases individuelles sur roulettes, facilement lavables.

« Des résultats stables »

Le vétérinaire s’est ensuite attaqué aux vaches laitières, en installant une caméra au pignon du bâtiment pendant trois jours. Les images sont sans appel : les animaux ne se couchent pas assez et l’abreuvement ne suffit pas en sortie de salle de traite. Les éleveurs installent alors des bacs d’eau de plus grande capacité. Les logettes ont été modifiées pour gagner 15 cm en longueur et en hauteur. Des travaux à la pelleteuse ont été réalisés pour aplanir le sol, initialement en légère pente, ce qui nuisait au confort des logettes. Le paillage a été augmenté, à raison de 5 kg/VL/jour.

L’alimentation est aussi passée au crible. « Nous avons commencé par faire le point sur les ressources disponibles au sein de l’exploitation », explique le vétérinaire. L’ensilage d’herbe est écarté au profit du foin. Il est valorisé dans la ration, grâce à une mélangeuse, avec du maïs, et complété depuis 2019 par de l’orge aplatie produite à la ferme. Celle-ci remplace le concentré de production du commerce. Les exploitants recourent néanmoins au tourteau de colza. Du gluten de blé de même que des drêches sont répartis au distributeur automatique de concentrés (Dac). Un robot pousse-fourrages permet de stimuler l’ingestion et de limiter les refus.

Ces mesures, accompagnées d’une stratégie de réforme visant à écarter méthodiquement les vaches présentant des problèmes de cellules, de production et de reproduction, portent leurs fruits. Le volume produit par animal atteint désormais 23 kg/jour, pour avec un TB de 44 g/kg et un TP de 36 g/kg. « Ces résultats restent stables, ce qui nous donne davantage de maîtrise pour la transformation du lait », soulignent les éleveurs.

Yanne Boloh

Suivi vétérinaire complet

Amélie Malaval et Olivier Brianchon réalisent leur contrôle de performance eux-mêmes pour un coût d’environ 210 €/mois. Ceci comprend la location du matériel (47 €/mois), ainsi que 1,70 € d’analyses par vache. Les éleveurs ont recours à leur vétérinaire pour l’ensemble du suivi d’élevage : alimentation, échographies, locomotion ou analyse des résultats du contrôle de performances. Le praticien leur rend au moins une visite préventive par semaine, en dehors des urgences ponctuelles. Le coût du forfait est établi à 10 €/1 000 l.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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