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« Nous abattonsnos volailles à la ferme »

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Les murs du module ont été doublés d’une plaque Inox pour faciliter le nettoyage.

Baudoin et Jean-Baptiste Riquet ont opté pourun module pré-équipé en usine afin de réaliser l’abattage de leurs poulets et pintades.

Au Gaec Croix de Pierre, Baudoin et Jean-Baptiste Riquet n’ont plus à se déplacer pour abattre leurs volailles. Depuis décembre 2018, ils utilisent un module pré-équipé en usine, qu’ils ont installé dans une ancienne porcherie. Ce n’était pas la solution la moins chère, mais la plus rapide à mettre en œuvre.

« Le 15 septembre 2018, nous avons appris, par lettre recommandée, que l’abattoir où nous portions nos volailles arrêtait son activité de prestation le 15 décembre. En trois mois, il nous a fallu trouver une solution pour être prêts à abattre à la ferme avant les fêtes », raconte Baudoin, installé sur 104 ha à Laurac, dans l’Aude.

Avec son frère Jean-Baptiste, ils élèvent 200 poules pondeuses, 9 000 poulets et 2 000 pintades par an, ainsi qu’un petit troupeau d’aubracs en plein air. Avec moins de 500 volailles abattues par semaine et des ventes dans un rayon de 80 kilomètres, ils n’ont besoin que d’une tuerie. Celle-ci a été installée dans un module de 18 m², fabriqué par l’entreprise AIVT de Saint-Brieuc, dans les Côtes-d’Armor. « Le plan et le matériel ont été adaptés à nos besoins et à notre budget », note-t-il.

L’abattage et l’éviscération sont réalisés dans deux pièces séparées. Les murs, constitués de panneaux sandwichs, sont doublés de plaques inox à l’intérieur pour faciliter le nettoyage. Avec le groupe électrogène et la station de traitement des effluents, ce module leur a coûté 77 000 € HT, transport jusqu’à la ferme compris. L’installation sur la dalle, le raccordement au réseau d’eau et la mise en route n’ont pris qu’une journée. « Tout fonctionne bien. Il faudra seulement renforcer la ventilation pour mieux évacuer l’humidité qui se dégage du bac d’eau chaude. » Pour l’étourdissement des bêtes, la tuerie de Baudoin et Jean-Baptiste est équipée d’un système d’électronarcose, qui fait varier l’intensité du courant. Le nombre d’impulsions ainsi que leur débit sont enregistrés sur une clé USB et peuvent être contrôlés par les services vétérinaires.

Deux cents animauxpar semaine

Les deux frères abattent 200 animaux par semaine. « En comptant l’amortissement, cela nous revient à 1,80 €/volaille. En prestation, le coût était de 2,80 €. En effectuant nous-mêmes cette tâche, nous économisons 11 000 € par an », calcule Baudoin. Cela leur prend une grosse demi-journée, mais le travail est soigné. S’ils avaient voulu abattre chez un autre prestataire, ils auraient dû parcourir plus de kilomètres et surtout changer de jour d’abattage. « Nous avons conservé le mardi. Avec des marchés le mercredi, le jeudi et le samedi, c’est le jour qui convient le mieux. Et si nous avons une commande particulière, nous pouvons rajouter facilement une demi-journée. »

Frédérique Ehrhard

« Dans ce module de 18 m², nous envisageons de monter progressivement jusqu’à 300ou 350 volailles abattues par semaine », note Baudoin Riquet. © Photos : Frédérique Ehrhard
Des auto-contrôlesà réaliser

Les deux frères ont suivi une formation de deux jours sur l’hygiène et le bien-être animal, qu’ils devront renouveler tous les cinq ans. Ils réalisent régulièrement des auto-contrôles pour vérifier que le nettoyage de la tuerie reste efficace. « Il faut appliquer sur le matériel ou les surfaces de travail des lames enduites de gélose pour prélever de la flore, et les mettre dans une petite étuve durant 48 h. Il suffit ensuite de compter le nombre de taches qui se développent, et de comparer celui-ci aux résultats des auto-contrôles précédents », explique Marc Fabre, de la chambre régionale d’Occitanie. Des prélèvements dans la litière des poulaillers, ainsi que sur la peau du cou des volailles abattues sont analysés en laboratoire. Ils permettent de détecter la présence éventuelle de salmonelles ou de campylobacters.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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