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« Notre pilotage limite le recours aux antibiotiques »

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Ambiance. © Photos : A. DUFUMIER

Philippe Poret, qui élève 780 lapines et leurs suites dans le Calvados, a mis en place un dispositif d’observation pour prévenir les risques sanitaires.

«Aujourd’hui, l’utilisation d’antibiotiques dans l’alimentation de nos lapins est exceptionnelle, constate Philippe Poret, éleveur avec sa femme Monique au Mesnil-Clinchamps, dans le Calvados. Ils utilisent des aliments dits « blancs », c’est-à-dire sans antibiotiques incorporés. La démarche, lancée sur quelques bandes en 2007, a été généralisée à tout l’élevage en 2010. « Nous y sommes allés petit à petit, moyennant un certain nombre d’adaptations, et en profitant des avancées de la recherche technique dans le domaine », explique Philippe.

Désormais, l’administration d’antibiotiques est validée par des observations et se fait sur prescription du vétérinaire, après que des méthodes alternatives ont été envisagées. Sa durée est limitée à quelques jours. « Notre double circuit d’alimentation en eau permet de réaliser les traitements via l’abreuvoir et de cibler certaines rangées de cages, ajoute le cuniculteur. Quelques injections sont également réalisées au moment des mises bas. »

Vérification de la consommation d’eau, de celle d’aliments, de la forme des crottes, de l’absence de signes de pasteurellose, pesée échantillonnée… Cette méthodologie d’observation permet aux éleveurs de suivre et d’anticiper les risques sanitaires (1). « Toutes ces informations sont transmises au vétérinaire, ainsi qu’à notre groupement de producteurs, Normandie lapins, poursuit Philippe. En retour, ce dernier nous remet un document hebdomadaire de gestion technico-économique de l’atelier. Nous y disposons d’une batterie d’indicateurs de performance, parmi lesquels nos indices de consommation d’antibiotiques. Cette transparence, adoptée collectivement, nous donne des clés pour piloter au mieux l’atelier avec des aliments blancs. »

Ambiance contrôlée

Une attention particulière est portée à l’ambiance dans les bâtiments. « Notre mission d’éleveurs est d’éliminer efficacement l’ammoniac, sans créer de courants d’air, tout en conservant une température entre 16 et 20 °C, et en limitant les excès d’humidité. Ceci en faisant appel à de l’air extérieur, dont la température et l’hydrométrie sont très variables », explique Philippe Poret . Sans oublier la quantité de lapins dans le bâtiment, qui joue également sur l’ambiance interne.

Le dispositif de circulation d’air est piloté avec la plus grande précision possible. En 2013, les éleveurs ont construit un nouveau bâtiment, en y installant un récupérateur de chaleur, afin d’obtenir un air plus sec et une circulation d’air plus régulière.

Le système d’élevage tout vide-tout plein, avec une partie maternité, une partie croissance et un vide sanitaire de sept jours entre deux bandes, est un autre pivot de la maîtrise sanitaire.

Alexis Dufumier

(1) Les deux principales maladies transmises aux lapins par des sources extérieures sont la myxomatose et l’hémorragie virale (VHD).

Traçabilité. Chaque lapine dispose de sa « fiche femelle », où les pratiques sont enregistrées. Ces fiches sont transmises au vétérinaire et aux techniciens du groupement.
Risque extérieur

Les principales sources de contamination viennent de l’environnement extérieur, hommes et animaux.

Philippe applique de la chaux sur le sol en contrebas des entrées d’air, pour écarter les animaux.

Un atelier cunicole pour investir dans le lait

Philippe et Monique se sont installés en 1983 sur l’élevage laitier familial. Le quota initial de 90 000 litres monte progressivement à 300 000 l. En 1998, la mise aux normes s’impose. « Financièrement, cela ne passait pas, explique Philippe. Nous étions alors à quinze ans de la retraite. Pour amortir l’investissement et pérenniser notre activité, nous avons décidé de développer à côté une activité ''lapin''. En 2000-2001, nous avons démarré l’atelier avec 380 lapines. » Les résultats techniques sont bons. En 2013, la question des investissements se pose à nouveau. Les éleveurs cèdent l’atelier laitier à un jeune qui s’installe, pour se consacrer à l’atelier cunicole. Ils doublent alors leur production en construisant un nouveau bâtiment.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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