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« Nos vaches valorisent l’herbe grâce à une salle de traite mobile »

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Équipement - « Nos vaches valorisent l’herbe grâce à une salle de traite mobile »
Durant quatre mois, Christian et Guillaume Trémolière (de g. à d.) traient leurs 55 montbéliardes au pré avec une salle mobile de six places. © F. Ehrhard

Au Gaec Trémolière, le foncier est dispersé. Pour utiliser toutes les pâtures, c’est la salle de traite qui suit les vaches.

«Nos parcelles, très éclatées, sont séparées par la rivière et la route en fond de vallée. Afin de ne plus avoir à déplacer les vaches deux fois par jour, nous nous sommes équipés d’une salle de traite mobile. Du mois de juin au mois de septembre, nous l’installons sur cinq à six sites successifs. Nous arrivons ainsi à valoriser des pâtures non mécanisables où seules les vaches peuvent aller chercher l’herbe », explique Guillaume Trémolière, qui élève 55 montbéliardes en Gaec avec son père Christian à Chastanier, en Lozère.

Une organisation bien rodée

« Auparavant, nous faisions pâturer les taries et les génisses sur les parcelles les plus éloignées. Elles y consommaient souvent une herbe meilleure que celle des laitières, à qui nous réservions des terrains plus proches pour limiter leurs déplacements », note Guillaume. Les allers et retours entre le pré et l’étable fatiguaient malgré tout les vaches, qui avaient souvent des problèmes de boiteries. En 2009, Christian s’est pourvu d’une première salle de traite mobile de quatre places. À l’installation de Guillaume en 2014, le troupeau s’est agrandi, passant de 35 à 55 laitières. « Nous avons alors investi 29 000 € dans une nouvelle salle de traite de six places, équipée du décrochage automatique pour gagner du temps », indique le jeune éleveur.

Christian et Guillaume Trémoilère élèvent 55 montbéliardes sur 150 ha à Chastanier, en Lozère. ils sont équipés d'une salle de traite mobile de six places. copyright Frédérique Ehrhard un groupe électrogène branché sur le tracteur fournit l'électricité. © Frédérique Ehrhard

Guillaume monte en voiture jusqu’à la salle de traite avec le concentré dans des seaux. En tracteur, son père amène la boule à lait et les bidons d’eau pour le nettoyage de la machine à traire. L’électricité est fournie par un groupe branché sur la prise de force du tracteur. Un chauffe-eau, intégré à la salle de traite, porte l’eau à la température nécessaire au nettoyage.

Les vaches attendent dans une aire fermée par un fil électrique. Le remplissage des six places est optimisé, car lorsqu’une vache est traite, elle ressort sans attendre par un portillon devant elle. Guillaume en fait alors rentrer une autre. Pendant qu’il commence à traire, son père déplace le parc électrique pour le pâturage du jour ou de la nuit suivante, puis il vient l’aider.

En extérieur, il y a moins de mouches. « Nous essayons de choisir des sites aérés », relève Guillaume. Un auvent les protège de la pluie. L’éloignement complique un peu le travail. « Pour rentrer les taries à la stabulation, par exemple, il faut prendre la bétaillère. Et à la fin de la traite, je dois descendre donner aux veaux le lait des fraîches vêlées ou des vaches à cellules, récupéré dans deux pots trayeurs », expose le jeune agriculteur.

Afin de faciliter le déplacement de la salle de traite, ils l’ont fait équiper d’un essieu directionnel. « Il nous faut une demi-journée à deux pour changer de site, en comptant le déplacement des vaches et du parc électrique », précise Guillaume. Au quotidien, chaque traite requiert une heure et demie, auxquels il faut ajouter quinze à vingt minutes jusqu’au pré. « Nous ne gagnons pas de temps même si nous ne déplaçons plus le troupeau. Cependant, celui-ci n’a plus à emprunter la route départementale, très fréquentée l’été », apprécie-t-il.

Bien-être animal

Autour de chaque emplacement de la salle de traite, le pâturage est rationné au fil pour que les vaches ne gaspillent pas l’herbe. « Elles restent dehors jour et nuit et n’ont plus besoin de marcher jusqu’à l’étable. C’est préférable pour leur bien-être comme pour la production de lait. » Au printemps et à l’automne, les laitières rentrent tous les soirs à la stabulation. Elles pâturent ainsi jour et nuit durant quatre mois, et seulement le jour durant deux mois de plus. « Elles utilisent mieux toutes les parcelles. Nous avons gagné en autonomie fourragère », estime l’exploitant. Pour autant, les deux éleveurs ne s’interdisent pas d’acheter des aliments en complément. « Actuellement, nous équilibrons la ration avec du maïs épi et de la luzerne en fibres longues », précise Guillaume. Ils ont également amélioré la génétique en génotypant les femelles et en raisonnant les accouplements. Résultat, la production moyenne par vache a grimpé de 5 500 l en 2009 à 6 800 l en 2020.

Frédérique Ehrhard

En stabulation aussi

D’octobre à mai, la salle de traite mobile est utilisée dans la stabulation construite lors de l’installation de Guillaume. Un emplacement a été prévu pour elle. « Nous avons juste à brancher la pompe à vide sur le réseau électrique. Des tuyaux souples amènent directement le concentré dans les bacs, ce qui nous évite d’avoir à porter des seaux comme au pré », apprécie Guillaume. Cet emplacement de 80 m² lui permettra d’installer à terme une salle de traite avec deux quais. « Je l’envisage pour gagner en confort. Sans quai, il faut tout le temps se pencher, ce qui finit par fatiguer le dos. »

En chiffres

• 2 UTH.

• 55 montbéliardes à 6 800 l/VL/an, TB : 40,4 g/l, TP : 34,1 g/l.

• 150 ha répartis en deux sites de 38 ha et 112 ha. 34 ha de prairies naturelles, 27 ha de trèfle-dactyle, 15 ha de céréales et 74 ha de pâtures.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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