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« Nos porcs sont engraissés sur une litière en bois »

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Mode de logement - « Nos porcs sont engraissés sur une litière en bois »
Sébastien Lebreton et ses associés détiennent une quinzaine de kilomètres de haies. L’élevage porcin naisseur-engraisseur compte 144 truies et suit le cahier des chargesde la charcuterie Cosme (Le Mans). © V. Guyot

Dès la construction de leur bâtiment d’engraissement en 2017, les associés du Gaec de Lunerotte, dans la Sarthe, ont choisi d’utiliser du bois déchiqueté.

Avant de faire passer les porcs du bâtiment de post-sevrage à l’engraissement, Sébastien Lebreton, installé depuis 2016 à Saint-Gervais-en-Belin, dans la Sarthe, étale une vingtaine de centimètres d’épaisseur de bois déchiqueté dans la salle qui va les recevoir. « J’ai commencé par en mettre une petite quantité sur une surface réduite. Comme cela fonctionnait parfaitement, j’en mets désormais partout. Cela me prend une heure trente par salle. Les porcs ne font pas la différence : ils se couchent aussi bien sur le bois que sur la paille, et leurs performances sont maintenues avec un GMQ moyen de 800 g et un TMP de 60,3. »

Une pailleuse automatique

Le bâtiment d’engraissement, construit en 2017 (1 320 places en trois salles), est équipé d’une pailleuse automatique. « Elle réduit le besoin en paille d’un bon tiers par rapport à un paillage manuel. Toutefois, cela ne suffit pas car notre élevage de volailles a aussi besoin de paille. Or nous ne sommes pas totalement autonomes. Nous avons augmenté nos surfaces de triticale et nous réfléchissons à implanter du miscanthus. » Pour les porcs, les plaquettes de bois tiennent un mois en hiver et un mois et demi en été avant que l’apport de paille soit nécessaire. Au total, un lot de 400 porcs consomme 80 m3 de plaquettes (environ 16 t) et 16 t de paille.

C’est grâce à son expérience d’un an en tant que conducteur de déchiqueteuse avant son installation que Sébastien s’est intéressé à la valorisation des ressources en bois de l’exploitation. L’idée emporte l’adhésion de ses associés, Alexandre, Bastien et Charles Bourges, tous les trois frères. « Nous avons plus d’une quinzaine de kilomètres de haies et nous en replantons régulièrement. Ainsi, 2 kilomètres ont été mis en place depuis 2016. »

Valoriser les haies

Le Conseil départemental de la Sarthe soutient ces plantations à raison de 2 € par mètre linéaire et de 6 € par arbre isolé. Leur dernier chantier concernait 510 m de haies. Sur 1 415 € de coût total, les associés n’ont déboursé que 249 €. « Notre voisin maraîcher nous prête sa dérouleuse de bâche et nous plantons nous-mêmes », précise Sébastien.

Le retour au sol se fait en compost. La litière composée de bois et de paille est saupoudrée d’un additif à mi-parcours du lot de porcs, puis une semaine avant le curage afin de lancer le compostage. « Nous épandons environ 100 t de fumier par lot. Ce processus nous fait gagner du temps et de la tranquillité pour le voisinage des parcelles, car il n’y a pas d’odeurs. »

Yanne Boloh

Une économie de 6 820 euros réalisée en 2019

Le Gaec de Lunerotte confie le broyage du bois à une entreprise spécialisée, puis le déchiquetage à leur Cuma. Les associés stockent ensuite les plaquettes sous leur hangar, sur un sol bétonné. Le séchage dure de quatre à six mois, les tas étant séparés par chantier. Pour le dernier en date (broyage de peupliers), le prix de revient du bois est de 37,10 €/t verte : 7,10 € pour l’abattage, 12,50 € pour le déchiquetage, 7,50 € pour le transport et la mise en tas, 5 € pour le stockage et 5 € pour la valeur du bois. En comparant au coût de la paille (90 €/t rendu ferme en 2019), l’économie est d’environ 680 € par lot de porcs, soit 6 820 € pour les 10 lots produits en une année.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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