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« Mes cailles sont au chaud dans un poulailler high-tech »

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Surveillance. Michel Rimet-Meille et son fils Anthony, actuellement aide familial, passent entre une demi-heure et trois quarts d’heure dans les bâtiments pour vérifier que le matériel fonctionne, et pour débarrasser les allées des cailleteaux morts. © Photos : C. Penet

Michel Rimet-Meille a arrêté les poules pondeuses pour se consacrer à l’engraissement de cailles de chair en intégration. Une activité moins contraignante et plus rémunératrice.

Les poules pondeuses Label rouge, c’est fini : Michel Rimet-Meille a abandonné cet élevage en 2014. « Le prix ne couvrait plus les charges », explique le producteur, installé à Saint-Sauveur en Isère. Il a dû alors trouver un autre atelier pour compléter sa production de noix et de céréales.

« Après avoir songé à l’élevage de veau, je me suis finalement tourné vers les cailles. J’avais entendu dire que Drôme Cailles, entreprise drômoise spécialisée dans l’élevage, l’abattage et la transformation de cailles, recherchait de nouveaux producteurs en intégration, et que cette production de niche était plus rémunératrice. »

Ses premières cailles sont arrivées sur l’exploitation en juin dernier dans deux bâtiments flambant neufs. De 450 m2 chacun, ils bénéficient de tout le confort moderne. Très bien isolés, ils sont équipés de chaînes d’alimentation automatiques, de pipettes d’abreuvement, de radiants pour chauffer l’atmosphère et d’un éclairage à ampoules Led. Tout est piloté par un ordinateur central, y compris l’ouverture des fenêtres de toit pour la gestion de l’aération, et la hauteur des pipettes et des mangeoires qui doit être adaptée en fonction de l’âge des animaux. Montant total de l’investissement : 300 000 € TTC pour les deux bâtiments. « Bien qu’ils aient été conçus spécifiquement pour l’élevage de cailles, ils pourront si nécessaire accueillir des poulets de chair, sans investissements supplémentaires. Tous les paramètres sont réglables à la demande », indique Michel, qui se veut prévoyant. « Je pourrais même, si besoin, conduire un bâtiment en cailles et l’autre en poulets. C’est un véritable avantage. » Seul bémol, « je ne pourrais plus faire de label rouge, n’ayant pas d’accès vers l’extérieur. »

35 jours d’engraissement

À leur arrivée à un jour, les cailleteaux pèsent entre 7 et 11 grammes. Ils sont déposés sur un lit de copeaux de bois et élevés à une température de 35 °C. Progressivement celle-ci est abaissée pour atteindre 28 °C en fin d’élevage. « La production de cailles, c’est avant tout de la surveillance », explique Michel. Les premiers jours sont les plus critiques. Il faut faire très attention à la chaleur, aux courants d’air, à l’eau et aux variations de lumière. Une fois la première semaine passée, « c’est beaucoup plus simple », estime-t-il. Après 35 jours d’engraissement, les cailles atteignent un poids de 250 g. Elles sont attrapées à l’épuisette en deux fois. « Il faut compter 2 heures, à 8 personnes, pour capturer les 20 000 cailles que peut contenir le camion. »

Drôme Cailles fournit tout : les 40 000 cailleteaux par bâtiment, la nourriture, le vétérinaire et les traitements si nécessaire. « Restent à ma charge l’amortissement du bâtiment, les copeaux de bois estimés à 275 €/bande/bâtiment, l’eau (40 m3/bande/bâtiment), l’électricité et le gaz », indique Michel. Payé 10 centimes d’euros/caille, il estime cette production financièrement avantageuse.

Camille Penet
Automatisation. Les chaînes d’alimentation, les pipettes d’abreuvement, les radiants pour chauffer l’atmosphère et l’éclairage Led sont pilotés par un ordinateur central.
Une filière en plein essor

Avec la hausse de la consommation de cailles, Drôme Cailles, qui abat actuellement plus de 2 millions de ces volailles par an, recherche activement de nouveaux producteurs pour développer sa gamme de cailles prêtes à cuire et produits transformés (saucisses, pâté croûte, brochettes, cuisses à la découpe...). L’entreprise travaille actuellement avec sept éleveurs.

Plus d'infos sur le sujet

En chiffres

40 000 cailles par bâtiment

3 % de mortalité

35 jours d’engraissement

6,5 bandes/an/bâtiment

15 jours de vide sanitaire

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Cet article est paru dans La France Agricole

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