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« Mes brebis pâturent les couverts des céréaliers »

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Parcs. « La mise en place des parcs pour le pâturage des Cipan est rapide et peu contraignante », indique Alexandre Faucher, ici sur la ferme de Montaquoy. © c. FAIMALI/GFA

Alexandre Faucher et Thibault Desforges ont noué un partenariat pour valoriser les Cipan.

Quand revient l’automne, Alexandre Faucher, berger itinérant, conduit ses 270 brebis dans des cultures intermédiaires pièges à nitrates (Cipan). Depuis deux ans, Thibault Desforges, qui produit du blé, des betteraves, de l’orge, du colza…, à Saint-Pierre-lès-Nemours, en Seine-et-Marne, lui « offre » une vingtaine d’hectares de couverts à partir du 1 er  novembre. Cette année, il profite aussi des couverts de la ferme de Montaquoy, dans l’Essonne, avec un autre berger itinérant, Bernard Girard (1.)

Au printemps et en été, Alexandre fait pâturer ses brebis en forêt de Fontainebleau, où elles consomment les landes et pelouses du site Natura 2000. Le jeune berger bénéficie d’un contrat de trois ans avec l’ONF. « Avant de pâturer les Cipan, je valorise aussi une parcelle de 20 hectares de regain de prairie naturelle », ajoute-t-il.

Gagnant-gagnant

La consommation des Cipan oblige Alexandre à monter des clôtures mobiles pour contenir les animaux. Les plantes sont gorgées d’eau et l’apport d’eau pour l’abreuvement n’est pas nécessaire. « La mise en place des parcs est rapide et peu contraignante, explique-t-il. La conduite en paddocks me permet de souffler un peu en hiver. Rester auprès du troupeau toute la journée est éprouvant à cette saison. »

La conduite itinérante, sans stock ni bâtiment, demande de la rigueur. En décembre, la lutte se déroule sur les Cipan pendant un mois. Les mises bas ont lieu en avril, en parc. « Dès que les brebis ont agnelé, je les dirige dans un parc spécifique, poursuit Alexandre. Pour le moment, je n’ai pas de problème de prédation. »

Les agneaux sont vendus en fin d’année. Une partie part dans le cadre d’Amap. « Cette année, j’ai écoulé la plus grande partie au groupement Cialyn, sachant qu’ils n’étaient pas tous bons à abattre », déclare-t-il. Le jeune berger est parvenu à équilibrer ses comptes cette année, mais son système est encore précaire. En 2018, il devrait toucher l’aide ovine, car il a atteint cette année le seuil de productivité de 0,5 agneau par brebis. Jusqu’à maintenant, il gardait ses agnelles pour agrandir son troupeau.

Son partenariat tacite avec Thibault devrait se poursuivre. « Le passage des brebis est intéressant pour moi, car il m’évite de passer le broyeur, souligne Thibault, en précisant qu’il est d’accord pour poursuivre les essais de pâturage des colzas au stade rosette (pendant le repos végétatif).

Marie-France Malterre

(1) Voir La France agricole n° 3 678, du 20  janvier 2017, p. 42.

Des études en cours

Alexandre et Thibault témoignaient lors d’une journée technique organisée par les associations Agrof’Île, Les champs des possibles et le parc régional du Gâtinais. À cette occasion, d’autres bergers itinérants ont pu nouer des contacts avec des céréaliers. « Nous conduisons aussi des études sur l’impact du pâturage sur la fertilité des sols sur la ferme de Montaquoy, indique Valentin Verret, d’Agrof’Île. Ils seront disponibles en 2018. »

Une ressource riche exploitable en hiver

Les Cipan d’Ile-de-France constituent une ressource considérable. « Leurs valeurs alimentaires sont intéressantes, souligne Laurence Sagot, de l’Institut de l’élevage-Ciirpo. Quel que soit le couvert, elles s’affichent autour de 0,90 UF/kg de MS et près de 100 g de PDI/kg de MS, soit l’équivalent d’un regain. La quantité disponible est variable selon les années et dépend des conditions météo. » Les brebis les consomment très facilement.

Le pâturage en hiver ne pose pas de problème. Les animaux ne souffrent ni de l’humidité, ni du froid. Ils sont protégés par leur toison. « En sortie de pâturage sur les couverts, les boiteries sont peu fréquentes à condition d’être enrayées dès qu’elles apparaissent », ajoute Laurence Sagot.

UF : unité fourragère. MS : matière sèche. PDI : protéines digestibles dans l’intestin grêle.

© m.-f.M.
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Cet article est paru dans La France Agricole

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