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Maïs ensilage : quantité et qualité sont au rendez-vous

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Fibres. Pour favoriser la rumination et prévenir le risque d’acidose, quelques kilos de matière sèche d’herbe, sous forme ensilée ou enrubannée, pourront être utilisés dans une ration à base de maïs. © S. Champion

Plus riche en énergie et moins encombrant que l’an passé, le cru 2017 nécessitera une adaptation des rations pour limiter le risque d’acidose.

«C’est une année exceptionnelle, confirme Bertrand Carpentier, spécialiste du maïs ensilage chez Arvalis. Les conditions sèches jusqu’au 20 juillet ont avancé la floraison de 2 à 12 jours selon les régions. Mais les températures se sont ensuite rapprochées de la normale, accompagnées de pluies plus régulières. » Résultat : des épis bien fécondés et un développement de la plante sans stress hydrique jusqu’à la récolte.

Rendements en hausse

Cette année, le rendement moyen français atteint 13,8 t de matière sèche (MS) par hectare, contre 12 t en 2016. « Cela s’explique par un bon gabarit des plantes, et un important remplissage des épis, note Bertrand Carpentier. Seule la région Auvergne Rhône-Alpes obtient un rendement moyen inférieur à l’an passé, à cause d’un bilan hydrique défavorable. »

Les conditions séchantes de la fin de l’été ont cependant accéléré la déshydratation des plantes. « Ce phénomène est d’autant plus marqué lorsque la proportion d’épis sur la plante entière est importante, comme c’est le cas cette année, précise Bertrand Carpentier. À l’échelle nationale, le taux de matière sèche dépassait 38 % dans près de 20 % des chantiers d’ensilage. »

Un maïs digestible

Malgré le taux de MS plante entière parfois important à la récolte, la digestibilité des fibres NDF (dNDF) est excellente. « De nombreux chantiers ont été anticipés, ce qui a préservé le fourrage d’une lignification trop avancée, explique Alexis Ferard, zootechnicien chez Arvalis. La moitié des maïs récoltés obtient une dNDF supérieure à 51 %. » La teneur moyenne en amidon est également élevée, « de l’ordre de 33 % sur l’ensemble du pays, relève Alexis Ferard. Il faudra donc être vigilant dans la construction des rations » (lire l’encadré).

En conséquence, les valeurs alimentaires relèvent le niveau de la récolte de 2016. Sur le plan énergétique, le maïs de 2017 gagne 0,01 UFL/kg de MS, pour atteindre en moyenne 0,92 UFL/kg de MS. S’agissant des valeurs azotées, les teneurs moyennes en PDIN et PDIE affichent respectivement 48 g/kg de MS (+4 g par rapport à 2016) et 72 g/kg de MS (+2 g). Le tout avec un encombrement en retrait de 0,01 UEL/kg de MS. « Cette meilleure ingestibilité va accroître la densité énergétique des rations, indique Alexis Ferard. Cela devrait permettre une légère augmentation de la production laitière. »

Vincent Guyot
Expert
« Ne pas dépasser 24 % d’amidon dans la ration des laitières » Alexis Ferard, zootechnicien chez Arvalis

«Les maïs ensilage de cette année sont potentiellement acidogènes. Le remplissage important des épis a nettement accru le taux d’amidon dégradable dans le rumen, par rapport à la récolte de l’an passé. Dans plus de la moitié des départements français, plus d’un quart des silos présentent un taux d’amidon dégradable supérieur à 30 %. Pour limiter les risques d’acidose, il est conseillé de ne pas dépasser 23 à 24 % d’amidon dans les rations pour vaches laitières. Le maïs 2017 ne devra donc pas être utilisé seul. Il conviendra de l’intégrer dans des rations bien pourvues en fibres pour améliorer la qualité de la digestion et bien valoriser l’ensemble de la ration. »

Repères nutritionnels maïs 2016 vs 2017

Par kilo de MS, le maïs 2017 est en moyenne plus riche en énergie (+0,01 UFL) et moins encombrant (-0,01 UEL).

Pour une ration vaches laitières à 12 kg de MS/jour de maïs, l’ingestion volontaire à l’auge augmentera de 140 grammes de MS/jour/animal, soit 0,25 UFL supplémentaire, ou 0,5 kg de lait environ.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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