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« Maintenir les performances des bovins malgré la sécheresse »

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Une diminution du cheptel de 190 à 160 mères est prévue pour sécuriser le système. Ci-contre Guillaume Blandin (à d.) et Régis Cury. © v.scarlakens

À travers plusieurs ajustements de conduite, le Gaec Blandin Cury cherche à préserver les performances de ses charolais, sans engendrer de surconsommation de paille et en sécurisant les futures récoltes fourragères.

La sécheresse a obligé les deux associés du Gaec Blandin Cury, situé à Vaumas dans l’Allier, à affourager leur cheptel dès le début du mois de juillet. Pour soulager les 190 mères charolaises, les veaux ont été sevrés courant septembre, avec trois semaines d’avance. « Les femelles ont enregistré une baisse du GMQ de l’ordre de 100 à 150 g entre la naissance et le sevrage, explique Guillaume Blandin. Nous les avons donc rentrées en bâtiment quelques semaines pour les soigner correctement. Durant l’hiver, elles sont également davantage complémentées. »

Les mâles, qui disposaient d’un nourrisseur au pré, ont moins souffert. Entre juin et septembre, leur surconsommation d’aliments a atteint 20 %. Comme les autres années, ils ont été rentrés en bâtiment dès le sevrage et complémentés, pour être vendus en tant que broutards de 400-420 kg ou en tant que reproducteurs. « Les performances des animaux semblent se maintenir, constate Régis Cury. Mais les jeunes ont passé davantage de temps en bâtiment, ce qui a augmenté la consommation de paille durant l’automne. Nous nous en sommes fait livrer 170 tonnes, comme en 2017. Mais jusqu’à 125 €/t au lieu de 70 €, nous espérons ne pas avoir à en racheter. »

Pour compenser la surconsommation de paille par les veaux, la rentrée des vaches a été repoussée au maximum. Alors que l’hivernage débute normalement début décembre, les dernières mères sont rentrées mi-janvier, juste avant de vêler. Un essai de litière alternative a également été mis en place. Ainsi, en novembre, le Gaec a acheté 150 t de dolomie, à 39 €/t. La sous-couche de 10 cm a séché quinze jours avant l’entrée des animaux. Elle a ensuite été recouverte de paille, sauf dans les cases à veaux. « Nous sommes satisfaits du résultat, la litière paraît plus saine, observe Guillaume. Lors du curage intermédiaire pendant l’hiver, nous repasserons à un paillage classique, mais nous économiserons environ 40 % de paille durant la période avec dolomie, et 25 à 30 % sur l’hiver entier. Nous avons opté pour cette solution car le fumier permettra d’amender les sols. »

- 15 % de stocks

Concernant les fourrages, « nous évaluons à - 30 % la baisse de productivité de nos 209 ha de prairies en 2018 et à - 15 % l’herbe stockée, estime Régis. Heureusement, nous avions une demi-saison d’avance en juin. Si les conditions météo sont bonnes au printemps, nous devrions nous en sortir, mais tout le stock sera à reconstituer. »

Valérie Scarlakens

Préserver la future récolte

Pour sécuriser la reconstitution du stock de fourrages au printemps, seuls 6 ha de prairies temporaires ont été replantés début septembre, au lieu de 25 ha habituellement. « Nous avons vu juste, car les 6 ha se sont mal implantés, estime Guillaume. Nous avons également sorti les animaux des pâtures de moins de deux ans dès le mois de juillet pour les préserver. Nous espérons ainsi qu’elles produiront davantage au printemps. »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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