Haies et arbres peuvent être taillés en hiver, puis broyés au printemps suivant. Sylvie Monier, directrice de la Mission Haies Auvergne, conseille d’utiliser une déchiqueteuse à couteaux plutôt qu’un broyeur à marteaux. « Ce dernier coupe des plaquettes plus fibreuses, plus grossières et moins confortables », avertit-elle (1). Les plaquettes doivent ensuite sécher trois à quatre mois. Il suffit de les stocker en tas, dans un bâtiment ou à l’extérieur, sous une bâche géotextile.

En stabulation , une première couche de 7 à 10 cm de plaquettes sera étalée au godet, à la pailleuse ou à l’épandeur à axe vertical. Deux à quatre semaines plus tard, une deuxième couche de 5 à 7 cm sera apportée. Il est également possible de pailler normalement. La fréquence du paillage diminue, car la sous-couche de plaquettes absorbe mieux l’urine. « Et un petit volume de plaquettes épandu tous les deux jours sur les aires raclées constitue un excellent antidérapant », souligne Sylvie Monier.

En extérieur , dans les zones très fréquentées (abords de nourrisseurs, chemins, aires d’attente…), une litière de plaquettes résiste bien au piétinement si elle a été installée par temps sec. Une couche de 30 à 40 cm peut être laissée 6 à 18 mois.

Cette litière très absorbante est peu fermentescible, elle est donc plus froide, plus propre et moins odorante. Le risque pathogène est faible.

Après curage , les plaquettes de bois blancs (aulne, frêne, peuplier, saule) et de branches (châtaignier, chêne) peuvent être épandues au champ comme un fumier à paille. En revanche, celles de troncs de bois à tanins (châtaignier, chêne, hêtre) et de résineux doivent être préalablement compostées, pour éviter d’acidifier les sols. Le fumier ne doit pas être enfoui, car le bois se décompose en surface en présence d’oxygène. « En respectant ces précautions, il n’y a pas d’acidification des sols, ni de phénomène de faim d’azote à la suite de l’épandage. Aucun développement de champignons pathogènes n’a été observé », constate Sylvie Monier.

Nadia Savin

(1) Lors d’une journée organisée par Euskal Herriko Lanborantza Ganbara (Pyrénées-Atlantiques), le 18 septembre.