Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

« L’herbe, véritable or vert »

réservé aux abonnés

 - -->
Peu de concentrés. « Les animaux sont engraissés au maximum au pâturage, de novembre à la mi-mars. En hiver, ils ne reçoivent que 1 kg de concentrés », explique Louis Pentony, ici avec sa compagne Richella Lynam. © h.chaligne

En Irlande, Louis Pentony engraisse taurillons et génisses à l’herbe, non sans se soucier de l’impact environnemental de son troupeau sur la planète.

«L’herbe est la base de l’alimentation des élevages irlandais, rappelle Louis Pentony, qui élève 140 vaches allaitantes et une centaine de brebis à cinquante kilomètres de Dublin, en Irlande. Il y en a toute l’année, mais il est impératif de la gérer avec précision pour obtenir les meilleurs résultats sur les animaux. »

Son troupeau allaitant se compose en majorité de femelles angus et de quelques herefords, sur une SAU comptant 106 ha de prairies, à 90 % naturelles. Les mâles sont engraissés jusqu’à 20 à 22 mois, et les génisses partent entre 16 et 19 mois. Tous pâturent un maximum, et rentrent en stabulation de novembre à la mi-mars. En hiver, les animaux à l’engrais consomment de l’ensilage d’herbe complété par 1 kg de concentré (surtout de l’orge). Un mois avant de partir à l’abattoir, cette quantité de complémentaire monte à 3 kg. Le gain moyen quotidien de la naissance à l’abattage affiche de 900 à 1 000 g/jour.

« Les sujets engraissés doivent prendre un maximum de poids pour rester le moins longtemps possible dans l’élevage », explique Louis. Car l’éleveur cherche à limiter son impact sur l’environnement. Il fait partie du programme de développement durable Origin Green (lire l’encadré) orchestré par l’office de promotion des produits agroalimentaires Bord Bia, et son exploitation répond à une charte « assurance qualité » ? Dans ce cadre, elle est régulièrement auditée sur six facteurs ayant pour but d’abaisser l’impact environnemental, tels que le temps de pâturage, l’âge au premier vêlage, l’intervalle vêlage-vêlage (IVV) ou l’utilisation d’azote. « Le développement durable, ce n’est pas compter les arbres et laisser faire la nature, dit Louis. Nous essayons, par exemple, de réduire les intrants. Il y a de plus en plus de trèfles dans l’herbage pour limiter la quantité d’azote à acheter. Du côté des animaux, les génisses vêlent à 24 mois, et l’IVV est de 365 jours. Au dernier audit, notre empreinte carbone était de 12 kg/kg de viande produite. La moyenne des systèmes similaires est de 13 kg. »

Engagements payants

Pour la commercialisation, Louis est engagé auprès d’un groupement de producteurs. S’il respecte le nombre d’animaux promis, il touche un bonus. « Rien qu’avec ce groupement, j’ai 15 cts€/kg de carcasse de plus que le cours moyen, explique-t-il. Si je respecte mes engagements, s’y ajoutent 10 cts€/kg de carcasse. Et le respect de la charte “assurance qualité” m’assure encore 12 cts€/kg de carcasse de plus. »

Hélène Chaligne

Une gestion drastique en paddocks

« L’herbe, c’est le point fort de l’Irlande, rappelle Louis. Mais sa qualité doit être constante, la viande en dépend. » Les parcelles de l’exploitation sont divisées en paddocks, dans lesquels le troupeau ne reste pas plus de quatre jours. Après le passage des animaux, l’éleveur laisse l’herbe au repos pendant trois semaines. En prévision de l’hiver, 45 ha sont fauchés en première coupe et stockés en silo. « C’est important d’avoir des ensilages de qualité, sans quoi il faudra distribuer davantage de concentrés en hiver », rappelle-t-il.

Puis la deuxième coupe, sur 25 ha, est stockée en ballots. « L’herbe est plus légère, donc plus facile à emballer », précise-t-il.

Enfin, 10 ha servent à faire du foin, pour les vaches prêtes à vêler et les brebis.

© h.chaligne
Origin Green

Programme de développement durable pour les éleveurs et les industriels volontaires pour réduire leur impact sur l’environnement.

Elle assure aux consommateurs et aux distributeurs une viande de qualité, produite dans le respect d’un cahier des charges.

Imprimer Envoyer par mail Commenter
En direct
Afficher toutes les actualités

Cet article est paru dans La France Agricole

Transmission & Patrimoine : tous les conseils pour passer le relais !