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« Les sous-produits de notre huilerie servent à alimenter nos bovins »

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Autonomie alimentaire - « Les sous-produits de notre huilerie servent à alimenter nos bovins »
Pascal Guérin (à gauche) et son fils Louis. © L. Pouchard/GFA

Pascal et Sylvie Guérin produisent de l’huile sur leur ferme et valorisent les résidus en tourteaux pour complémenter leur troupeau de vaches limousines. De quoi obtenir un précieux gain d’autonomie alimentaire.

Installé en agriculture biologique depuis 1998, Pascal Guérin, qui a repris l’exploitation à la suite de son père, n’a cessé de faire évoluer son système. Situé en bordure du plateau de Langres à Billy-lès-Chanceaux en Côte-d’Or, le Gaec de la Seine doit composer avec des sols calcaires et séchants à faible potentiel. « À défaut d’obtenir de gros rendements, nous avons misé sur la diversification de notre assolement et la vente de produits de qualité en circuit court », explique l’éleveur.

Le tourteau de tournesol, coproduit de l’huile fabriquée sur l’exploitation, est utilisé pour l’alimentation du troupeau. © L. Pouchard/GFA

Bœufs et génisses sont engraissés

Il y a quinze ans, Pascal et son épouse Sylvie ont investi dans une presse à huile. Ils valorisent 7 000 bouteilles chaque année, dont deux tiers en huile de colza et un tiers en huile de tournesol. « La vente d’huile constitue notre marge, mais les sous-produits récupérés sont tout aussi importants dans la ration de nos cent quarante bovins », note Pascal. Et Baptiste Cornette, conseiller chez Bio Bourgogne, d’ajouter : « L’utilisation de tourteaux, disponible sans frais additionnels sur l’exploitation, permet d’obtenir des rations équilibrées avec de la paille. Pour rappel, un tourteau de colza apporte 0,9 UFV 240 PDIN par kg de MS, ce qui en fait un bon correcteur azoté, souvent remplacé par un enrubannage de luzerne de bonne qualité dans les systèmes bourguignons : 0,7 UF pour 127 PDIN par kg de MS. »

Une quinzaine de tonnes de luzerne déshydratée sont destinées au cheptel. © L. Pouchard/GFA

En parallèle, les exploitants cultivent blé, petit épeautre, avoine et orge destinés à la consommation humaine. « À la moisson, le petit grain est trié et valorisé en farine dans l’alimentation des animaux », explique l’éleveur, en quête de complémentarité entre ses cultures et son atelier bovin. En addition de ses prairies, le Gaec compte 4 ha de triticale pois et 20 ha de luzerne déshydratée. « Les sécheresses successives et l’accès difficile au foncier ne nous permettent pas d’être autonomes à 100 %, mais nous faisons en sorte de nous en approcher le plus possible », confie Pascal, qui compte un appoint de 100 tonnes de paille et du sel comme seuls achats extérieurs.

Si huit à neuf femelles sont conservées pour le renouvellement, tous les autres produits sont engraissés en bœufs et génisses sur la ferme. Pascal et Sylvie, qui souhaitent garder la main sur leurs débouchés, se sont équipés d’un atelier de découpe. Ils vendent toute leur viande en direct sous forme de colis ou de préparation hachée, à 15 €/kg.

Lucie Pouchard

Garder une ration variée

De novembre à mars, lorsque le troupeau est en bâtiment, Pascal cherche à « reproduire une alimentation diversifiée, comme au pré ». Les bœufs et génisses à l’engraissement reçoivent paille d’orge à volonté, 1,8 kg de luzerne déshydratée et de farine de céréales, et 2 kg de tourteaux de tournesol ou de colza. Selon les conditions de récolte, les éleveurs distribuent aussi 8 kg d’enrubanné à flore variée ou 7 kg de méteil enrubanné ou de foin de luzerne. La ration des vaches comprend paille à volonté, 7 kg d’enrubannage à flore variée ou 5,5 kg de méteil enrubanné et 1 à 2 kg d’aliment mêlant luzerne déshydratée, farine et tourteaux.

En chiffres

• 35 vaches limousines.

• 80 ha de prairies permanentes pâturées.

• 25 ha de prairies temporaires en foin ou en enrubannage.

• 40 ha de légumineuses.

• 30 ha d’oléagineux.

• 40 ha de céréales. 

• 10 ha de sarrasin.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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