La ferme expérimentale des Bordes, dans l’Indre, a choisi des outils innovants pour son atelier d’engraissement. De la distribution de la ration au raclage du fumier, en passant par le paillage, toutes les tâches sont automatiques. « Le smartphone devient un outil de travail du quotidien », souligne Philippe Maugrion, technicien chargé de la conduite du bâtiment.

Les équipements ont guidé la construction du bâtiment, qui loge deux cent quatre-vingts bovins, dont quatre-vingts en quarantaine. « Il ne faut pas considérer cette stabulation comme un modèle à reproduire dans son ensemble, mais analyser les modules un par un », soulignent les responsables de la station. Cette technologie permet d’organiser le travail autrement, et les tâches sont davantage orientées vers le suivi informatique, la surveillance des animaux et l’entretien des automates.

L’enrubannage au menu

L’alimentation est assurée par un bol mélangeur suspendu sur rail, d’une capacité de 3 m3. Il est approvisionné par la cuisine, qui comprend notamment quatre fonds mouvants pour les fourrages et un système de coupe avec deux disques rotatifs. Ceux-ci sont affûtés toutes les trois semaines et changés tous les six mois, ce qui revient à près de 3 000 euros par an. « L’utilisation d’enrubannage use davantage les lames que l’ensilage », précise Nicolas Dagorn, de la ferme expérimentale.

La facture du robot d’alimentation s’élève à 212 000 euros. L’outil est doté d’un système de pesée précis. La comparaison de régimes à base d’herbe enrubannée sera au programme dès cet automne, pour des essais avec des vaches de réforme. Les mesures concernant le gain de temps et le confort de travail seront elles aussi effectuées, sachant que l’ancien bâtiment demandait la manipulation de près de 1,5 tonne d’aliment chaque jour.

Les animaux logent par vingt, dans des cases paillées, en pente de 5 %. La descente du fumier dans le couloir de raclage s’effectue grâce au piétinement des animaux. Le racleur hydraulique évacue ensuite le fumier dans la fumière. Il est programmé pour passer quatre à cinq fois par jour et procure un gain de temps important par rapport à un raclage avec le tracteur. « La descente du fumier n’était pas optimale quand les animaux sont entrés dans le bâtiment, relate Philippe Maugrion. La grande largeur des cases, de 12 mètres, le poids faible des jeunes animaux et le béton neuf expliquent ces problèmes à la mise en route. Aujourd’hui, l’effluent descend normalement. »

Il n’y a pas de curage entre les bandes, mais une vidange des racleurs, au moins une fois par an, est nécessaire.

Économe en paille

Le paillage ne nécessite pas l’entrée du tracteur dans le bâtiment. La pailleuse suspendue avec mât télescopique circule sur un rail. Elle génère peu de poussière. Grâce au système de couchage (pente paillée), la consommation en litière est limitée à 4 kg par jour et par animal, soit deux fois moins qu’avec une aire paillée classique. L’équipement a coûté 83 000 euros.

Le bâtiment en bois est fermé et orienté dans l’axe des vents dominants. Le long pan ouest, exposé à la pluie, est bardé avec du bois, tandis qu’à l’opposé, l’enroulement d’un filet brise-vent est piloté automatiquement par la station météo. Le coût incluant l’aménagement intérieur s’élève à 639 245 euros, soit 2 283 euros par tête.

Marie-France Malterre

(1) Pour des besoins expérimentaux, les lots devaient être constitués de vingt animaux.

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