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Les arbres protègent les volailles de la chaleur

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Aménagement - Les arbres protègent les volailles de la chaleur
Malgré les fortes chaleurs, l’élevage de Stéphanie et Xavier Poisson n’a enregistré aucune perte à l’été 2020, et très peu lors de l’été précédent. © A. Mabire

Grâce aux relevés de température, la chambre d’agriculture des Pays de la Loire a mesuré l’impact de chaque forme arborée dans un parcours.

À Congé-sur-Orne, dans la Sarthe, l’exploitation de Stéphanie et Xavier Poisson figure certainement parmi les plus arborées. Depuis vingt ans, le couple, qui élève des volailles de Loué, a beaucoup planté : 6,5 km de haies, 550 arbres isolés et 10 bosquets d’une vingtaine d’arbres chacun. Ils sont pour l’essentiel à l’intérieur et à proximité des 15 ha de parcours destinés aux poulets.

Six thermomètres installés

Depuis deux étés, la chambre d’agriculture des Pays de la Loire réalise des relevés de température dans cet élevage. « L’objectif est de préciser l’impact des différentes formes arborées sur le niveau de température, indique Philippe Guillet, conseiller en Agroforesterie. Intuitivement, tout le monde sait qu’un arbre a un effet positif mais jusqu’ici, il n’a pas été mesuré. Nous n’avions aucune idée de l’amplitude du gain, ni la possibilité de comparer la performance d’un arbre isolé à celle d’un bosquet ou d’une haie. »

En 2019, six thermomètres ont été installés dans le parcours : deux dans des bosquets, deux en plein soleil et les derniers sous des arbres isolés. Lilou, l’un des enfants de Stéphanie et Xavier, les a relevés tous les jours.

12 °C de moins qu’au soleil

« Entre le 28 juin et le 31 août, nous avons enregistré trois pics de chaleur : le 28 juin avec 55 °C en plein soleil, le 30 juillet (40 °C) et le 25 août (45 °C). Les thermomètres les plus exposés ont souffert. Nous les avons donc remplacés cette année par des sondes », annonce le spécialiste. Huit ont été mises en place : six à l’endroit exact des thermomètres, une sous une haie et la dernière dans un bois (20 ares).

En 2020, onze sondes ont été installées pour mesurer la température, l’hygrométrie et la luminosité. © A. Mabire

Après deux campagnes de relevés, « on obtient des performances remarquables », assure Philippe Guillet. Dans les bosquets, la température moyenne s’est révélée inférieure de 12 °C à celle constatée en plein soleil. « Cet écart a atteint 17 °C les jours les plus chauds. » Sous les arbres isolés âgés d’une quinzaine d’années, la température moyenne affichait 6 °C de moins. « La forme du bosquet joue », complète le conseiller. Traditionnellement plantés en rond, ils le sont aussi aujourd’hui en forme de banane. « Dans un bosquet de ce type, plus ouvert, l’air circule mieux. En été, l’impact est positif. » Concernant les arbres isolés, la chambre d’agriculture souligne l’importance du choix des essences. Sur l’élevage de Stéphanie et Xavier, les mesures ont été effectuées sous un pommier et un merisier, avec un avantage net au premier. « Cela vient de la taille et de la forme des feuilles, de leur densité, de même que de leur épaisseur. »

À l’issue de ces deux années, la chambre d’agriculture a décidé de prolonger son expérimentation en 2021. De leur côté, Stéphanie et Xavier ont programmé de nouveaux aménagements. « La priorité va être de densifier les plantations à proximité des bâtiments. Actuellement, les premiers arbres sont à 20 m. Nous allons nous approcher à 10 m en ajoutant des bosquets ou microbosquets (3 à 5 arbres sur 9 m²), au minimum 7. » Les travaux sont prévus dans l’année.

Anne Mabire

Hygrométrie et luminosité

À l’été 2020, 11 sondes ont été installées sur l’élevage de Xavier et Stéphanie Poisson. Huit mesuraient la température et l’hygrométrie, et les trois autres la luminosité. Concernant l’hygrométrie, « elle est, sous les formations arborées, un peu plus élevée mais nous avons besoin de compléter ces résultats », indique Philippe Guillet. Les mesures de luminosité doivent permettre de mieux cerner le besoin des volailles quand elles sont dehors. « Pour l’instant, on voit bien que la lumière directe les agresse, les rend nerveuses mais on n’en sait pas plus », relève Xavier poisson.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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