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L’élevage des « frères des poules pondeuses » à l’essai

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Conduite alimentaire - L’élevage des « frères des poules pondeuses » à l’essai
Des niches à veaux ont été utilisées pour l’élevage des coquelets. © E. Fournier

Le lycée agricole de Laval, en Mayenne, a expérimenté l’élevage de poussins mâles issus de souche ponte pendant deux ans.

«Pour l’instant, les poussins mâles issus de la filière poule pondeuse sont abattus après éclosion, mais cette pratique est amenée à disparaître, explique Emmanuel Fournier, enseignant en zootechnie au lycée agricole de Laval. Nous nous sommes donc intéressés à leur élevage. »

Projet européen « Food Heroes »

En 2019, avec l’appui du projet européen « Food Heroes » sur la valorisation des pertes alimentaires, le lycée a mis en place un premier essai. « Il s’agissait de comparer les croissances de deux lots de 102 poussins : l’un de type génétique pondeuse (Lohmann Brown), l’autre de type chair (Ross). » Deux partenaires ont rejoint le projet : l’association Laval Mayenne Technopole et l’entreprise Le Gars Daudet (lire l’encadré ci-après).

L’exploitation n’étant pas équipée de bâtiments avicoles, « nous avons utilisé quatre niches à veaux collectives de 5 m2. » La conduite alimentaire reposait sur un aliment démarrage distribué à volonté, puis un aliment croissance. Les volailles n’ont reçu aucun traitement. Elles ont eu accès à un parc extérieur (2,5 m2/tête) à l’âge de 30 jours.

Les poulets du lot chair ont été abattus à 53 jours, à 3,76 kg de poids vif et 2,44 kg de poids de carcasse. « Au même âge, ceux du lot ponte pesaient 1 kg, indique le professeur. Quand ils ont été abattus, à 81 jours, ils avaient atteint 1,58 kg pour un poids de carcasse de 1,06 kg. »

L’an dernier, l’équipe du lycée a voulu valider ces premiers repères techniques via la mise en place d’un lot unique de 200 poussins en souche ponte. En lien avec la société Le Gars Daudet, « nous avons fixé l’objectif de croissance à 1 kg. Cela correspond à un poids de carcasse de 700 à 800 g idéal pour un repas à deux, sans restes ». Les conditions d’élevage et la conduite alimentaire sont demeurées identiques à celles de 2019, avec des pesées quotidiennes au seau.

710 grammes de carcasse

À 36 jours d’âge, le poids vif moyen relevé était de 500 g, contre 541 g en 2019. Il a atteint 1,02 kg, soit 710 g de poids de carcasse, à 60 jours. « Il faut compter entre huit et neuf semaines d’élevage pour atteindre notre objectif de croissance », appuie Emmanuel Fournier. Au global, l’indice de consommation du lot a été estimé à 3,3 kg. Il était de 2,78 kg lors du précédent essai. Le GMQ (gain moyen quotidien) à 43 jours s’est établi à 21 g/jour, soit 3 g de plus qu’en 2019. Entre 2019 et 2020, le taux de mortalité s’est amélioré : de 5 à 2 %.

Côté économie, la marge brute globale de l’atelier s’élève à 290 €, soit 1,45 €/coquelet. Elle prend en compte les charges d’aliment (1,15 €/coquelet), les frais d’abattage (3,10 €/coquelet) et l’achat des poussins (0,18 €/tête). « Nous avons retenu un prix de vente de 6 €/coquelet », précise l’enseignant.

A. Mabire

Un marché à développer

Installé à Fromentières (Mayenne), Le Gars Daudet est un volailler qui réalise également de l’abattage en prestation de services. Fin 2020, un éleveur a livré un premier lot de 80 poussins mâles issus de souche ponte. Les animaux ont été commercialisés à 12 €/kg, sous la marque déposée « Coquet de Mayenne ». La société mise sur la production et la commercialisation de 240 volailles de ce type par an. « Ce que nous avons entrepris est reproductible, estime Baptiste Daudet, son dirigeant. Ce produit convient aux personnes souhaitant manger une volaille entière plutôt que des morceaux de découpe. Sa chair est savoureuse, tendre en bouche. La différence, avec un poulet de chair, se situe au niveau de la poitrine qui ne se développe pas aussi bien. »

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