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L’efficience protéiquedes productions avicoles évaluée

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L‘emploi de coproduits améliore l’efficience protéique nette. © SEBASTIEN CHAMPION

Les volailles de chair et de ponte peuvent produire autant voire davantage

«Deux à quatre kilos de végétaux sont nécessaires pour produire un kilo de viande de poulet ou d’œufs. Toutefois, il convient de tenir compte de la nature des protéines utilisées, car elles sont en partie issues de coproduits non valorisés en alimentation humaine », indique Isabelle Bouvarel, directrice scientifique à l’Institut technique de l’aviculture (Itavi).

Composition des aliments

Après avoir étudié le cas de la viande bovine (1), le groupement d’intérêt scientifique (GIS) Avenir élevages s’est penché sur le calcul de l’efficience protéique nette des deux filières avicoles les plus représentées en France : le poulet de chair standard et la poule pondeuse conventionnelle. « Cet indicateur est le rapport entre les protéines consommables par l’homme produites par l’élevage (contenues dans les œufs ainsi que la viande), et consommées par l’élevage (présentes dans l’alimentation des volailles). » Cette méthode a été appliquée sur un panel d’élevages de poules pondeuses et de poulets de chair, dont les données sont extraites à partir d’enquêtes de la chambre d’agriculture de Bretagne et l’Itavi entre 2011 et 2014 (voir infographie). « Les variations de l’efficience protéique nette selon les années sont dues à la nature des aliments utilisés dans les élevages, car toutes les formules ont le même profil nutritionnel, explique Isabelle Bouvarel. Le choix des matières premières s’est opéré en fonction du contexte économique, donc de leur prix. L’efficience est d’autant plus élevée que les aliments se servent des coproduits, qui concurrencent peu l’alimentation humaine. »

La meilleure performance des poules pondeuses par rapport aux poulets est aussi une question de matière première. « Dans les élevages étudiés, l’alimentation des poulets de chair emploie davantage de tourteau de soja, dont la part de protéines consommables par l’homme s’élève à 60 %. À l’inverse, les régimes alimentaires des pondeuses étaient le plus souvent basés sur des tourteaux secondaires comme le tournesol ou le colza, dont la part de protéines consommables par l’homme est nulle. Le ratio maïs/blé était également plus favorable, grâce à une moindre quantité de blé utilisée. »

Quant à la variabilité des résultats exprimée par les écarts-types, « elle est liée à la variabilité des indices de consommation observée sur le terrain. Un faible indice de consommation a un effet positif sur l’efficience protéique. »

Vincent Guyot

(1) Lire La France agricole n° 3774 du 23 novembre 2018, p. 44

La qualité compte aussi

Si l’indicateur d’efficience protéique prend en compte les quantités de protéines consommées et produites par les élevages, il ne considère pas leurs qualités nutritionnelles. « Or les protéines végétales ont une composition en acides aminés indispensables souvent plus déséquilibrée et une moindre digestibilité que les protéines animales », explique Isabelle Bouvarel.

Une méthode de calcul intégrant les qualités nutritionnelles pourrait conforter l’intérêt des systèmes d’élevage pour la production de protéines pour l’homme.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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