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L’efficience protéique de la viande bovine réévaluée

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Intégrer la capacité des animaux à valoriser des protéines non consommables par l’homme porte un nouvel éclairage sur le débat feed-food.

Et si consommer de la viande n’était pas du gaspillage ? C’est sur cette question, un brin provocatrice, que s’est penché le GIS Avenir Élevages en proposant un nouvel indicateur : l’efficience protéique nette. « Il s’agit de faire le rapport entre les protéines animales consommables par l’homme et les protéines végétales ingérées par les animaux, qui auraient pu servir directement à l’alimentation humaine », présente René Baumont, chercheur à l’Inra (lire onglet ci-contre).

L’application de cette nouvelle méthode de calcul à 144 élevages de bovins allaitants bouleverse le repère classique selon lequel 10 à 15 kg de protéines végétales sont nécessaires pour produire 1 kg de protéines de bœuf (soit une efficience de 0,1 à 0,07). Ainsi, « 28 % des élevages ont une efficience protéique nette supérieure à 1, sachant que les résultats s’étendent de 0,3 à 1,5 », rapporte Pauline Madrange, de l’Institut de l’élevage (voir infographie ci-dessus). Pour aboutir à ces résultats, les chercheurs ont posé plusieurs hypothèses. Ils ont tout d’abord attribué à chaque composant des rations, un pourcentage de protéines consommables par l’homme. Celui-ci va de 0 % pour l’herbe, à 74 % pour le pois. Ils ont également évalué la part protéique des carcasses ingérée par l’homme. Cette part, obtenue en additionnant les protéines présentes dans les abats et coproduits comestibles ainsi que dans la viande s’élève à 61 % pour la vache, et 63 % pour le jeune bovin. Enfin, les protéines des broutards sont estimées et attribuées à l’élevage naisseur. À l’inverse, elles sont retranchées lorsque le système est uniquement engraisseur.

Grande variabilité

« Les résultats sont très variables, constate Pauline Madrange. Ce résultat démontre l’existence de marges de progrès pour tous les types de systèmes. » Une ration privilégiant les fourrages non comestibles par l’homme ou les coproduits industriels jouera favorablement sur l’efficience nette. En dessous de 1,5 kg de concentrés consommé/kg vif produit, l’efficience a tendance à être supérieure à 1. Autre levier de taille : la technicité de l’élevage, et notamment l’amélioration de sa productivité.

L’effet d’une meilleure valorisation des protéines végétales dans notre alimentation a fait l’objet d’une simulation. « À l’avenir, on peut supposer que les techniques d’extraction des protéines de soja seront plus efficaces, ou encore que nous consommerons davantage de farines complètes, illustre Pauline Madrange. Toutes choses étant égales par ailleurs, l’efficience nette diminuerait de 30 à 40 %. Mais c’est sans compter l’adaptation de certaines des rations à ces nouveaux usages. »

A l’opposé, selon René Baumont, la prise en compte de la qualité des protéines animales pourrait augmenter l’efficience protéique nette de 20 %. « Leur composition en acides aminés indispensables est particulièrement intéressante pour les enfants et les adolescents », explique-t-il.

Valérie Scarlakens
Compétition pour l’usage des sols

La limite principale de ce nouveau calcul de l’efficience protéique est l’absence de prise en compte de la compétition pour l’usage des sols.

À titre d’exemple, certaines surfaces implantées en prairies en France, ou encore les champs de soja brésiliens pourraient être employés à produire des protéines végétales directement consommables par l’homme.

calcul des indicateurs d’efficience protéique

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Cet article est paru dans La France Agricole

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