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Le teff grass, une graminée d’été à l’épreuve pour nourrir les brebis

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pâturage - Le teff grass, une graminée d’été à l’épreuve pour nourrir les brebis
Le teff grass a été implanté derrière une prairie fin mai 2020 à l’aide d’un semoir combiné, en un seul passage. Le coût de la semence s’élève à 0,70 €/ha. © M. Helieres

Sans être miraculeuse, la graminée a fourni un stock de matière sèche intéressant pendant l’été caniculaire 2020, lors de tests conduits à l’Inrae.

«Les brebis apprécient le teff grass au pâturage », déclare David Duchêne, technicien de recherche à l’Unité expérimentale physiologie animale de l’Orfrasière- Inrae (1). La plante d’origine africaine a fourni un fourrage abondant et de qualité lors des essais de pâturage conduits en 2020 dans le cadre du programme herbe et fourrages Centre-Val de Loire, sur le site de l’Inrae de Nouzilly Indre-et-Loire (2).

Une bonne capacité de repousse

La graminée était comparée à une prairie permanente classique servant de témoin, et à un couvert composé d’un mélange de moha × cowpea × lablab. Ce dernier, comme le teff grass, a été implanté fin mai 2020 à l’aide d’un semoir combiné en un seul passage. « Le 17 juillet, trois lots de 30 brebis sont entrés simultanément sur les trois parcelles de 3 hectares, pour une durée de douze semaines », détaille le chercheur. Une conduite de pâturage tournant a été mise en place pour les trois lots.

Le teff grass a produit le plus de fourrage au cours de l’essai. Le lot est resté autosuffisant pendant les trois mois, malgré des conditions sèches. 130 mm de pluie sont tombés du semis à la fin du dispositif, soit 35 % de moins que lors d’une année normale. « La plante a montré une bonne capacité de repousse, avec un niveau d’appétence soutenu avant l’épiaison », précise David Duchêne. La récolte, le 21 juillet, d’un enrubannage sur la parcelle de teff grass (2,5 tonnes de matière sèche à l’hectare) a permis d’alimenter les animaux à partir du 14 septembre, alors que la pousse était stoppée. Au total, la parcelle a produit 4 t de MS/ha pendant l’essai (1,5 t de MS/ha consommée par les animaux et 2,5 t récoltées d’enrubannage).

Le mélange moha × cowpea × lablab n’a produit pendant la même période que 1,3 t de MS/ha (0,6 t de MS/ha consommée par les animaux et 0,7 t récoltée en enrubannage en juillet). Il a dû être distribué dès le 12 août, à cause de la sécheresse. La récolte effectuée sur la parcelle n’est parvenue à nourrir les animaux que jusqu’au 9 septembre, date à laquelle du foin (réalisé avant la mise en place de l’essai) a été mis à disposition des brebis.

La prairie du lot témoin n’a pas été autosuffisante. Elle a assuré la nourriture de son lot de brebis jusqu’au 9 septembre. Il a fallu ensuite affourager les animaux avec du foin produit avant la mise en place du dispositif. En tout, la parcelle n’a produit que 1 t de MS/ha. « La dérobée estivale n’est pas là pour remplacer la prairie, ajoute David Duchêne. Elle doit s’intégrer dans la rotation pour apporter une complémentarité. »

Marie-France Malterre

(1) Le 8 juin 2021, lors de la journée technique « Sécuriser les systèmes fourragers dans un contexte de changement climatique », organisée à la Ferme expérimentale des Bordes, dans l’Indre.

(2) Lire aussi La France agricole du 15 juillet 2020 sur les essais des dérobées estivales à la Ferme expérimentale des Bordes.

À savoir

Le teff grass est une graminée gélive, comme le sorgho.

Le mélange moha × cowpea × lablab était peu dense à la levée, les légumineuses étant pénalisées par l’absence d’inoculum adapté.

Un fourrage riche

Les valeurs alimentaires du teff grass sont plus élevées que celles de la prairie ou du mélange moha × lablab × cowpea. La teneur en MAT de la graminée africaine au stade trois feuilles s’affiche à 31 %, et à 23,1 % au moment où les animaux entrent dans la parcelle. Jusqu’à la troisième exploitation, la teneur protéique oscille entre 17 et 20,8 %. La valeur énergétique a été estimée autour de 1 UFL/kg de MS. Résultat : la prise de poids des brebis conduites avec le teff grass est plus importante que pour celles de deux autres lots. « Les brebis de ce lot auraient pu être davantage rationnées », estime David Duchêne.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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