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« Le sursemis de méteil sécurise l’affouragement de mes 130 laitières »

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. Les méteils semés par Frédéric Lenglet atteignent 15 à 20 % de MAT, pour un rendement de 7 tonnes de matière sèche par hectare.

Pour assurer ses stocks de fourrages, Frédéric Lenglet pratique depuis cinq ans le sursemis de méteil dans ses prairies.

«Cette année, le rendement de mes 20 hectares de maïs ensilage n’a pas dépassé 6,5 tonnes de matière sèche par hectare, contre 10 à 12 t habituellement », rapporte Frédéric Lenglet, installé en agriculture biologique à Bernay-en-Champagne, dans la Sarthe.

Si l’herbe constitue la base de l’alimentation de son troupeau de 130 montbéliardes, l’éleveur s’appuie également sur le sursemis de méteil dans ses prairies multi-espèces, pour sécuriser ses ressources fourragères. « Je les sème entre le 25 août et le 10 septembre, afin de bénéficier d’un ensoleillement suffisant pour le démarrage des légumineuses », expose Frédéric. Le mélange est composé de ray-grass (15 kg/ha de RGA et 3 kg de RGH), de fétuque élevée (4 kg), de trèfles (3 kg de blanc, 2 kg d’hybride, 3 kg de violet, 5 kg d’incarnat), de dactyle (1 kg) et de chicorée (2 kg). L’éleveur ajoute 1 kg de plantain lancéolé en provenance de Nouvelle-Zélande, sélectionné pour la production fourragère. « J’investis beaucoup dans les semences car je souhaite obtenir des prairies productives qui durent longtemps. Pour 20 hectares implantés, la facture s’élève à environ 5 000 €. Ce n’est pas si élevé, lorsqu’on sait qu’une tonne de correcteur azoté bio coûte 1 000 €. »

Finalité protéique

Vers la mi-octobre, l’éleveur revient dans les pâtures fraîchement semées pour y implanter un méteil fourrager. « Il faut intervenir avant la pluie pour ne pas abîmer les plantules, qui atteignent déjà 10 à 15 cm. Cela permet aux graminées de ne pas être étouffées. »

Ce sursemis de méteil à finalité protéique est réalisé avec un semoir direct de type « Easy Drill », détenu en copropriété, suivi de deux passages de rouleau. Environ 15 ha sont implantés chaque année. L’éleveur opte pour un mélange de féverole, de pois fourrager, de vesce commune et d’avoine, afin d’atteindre 15 à 20 % de matières azotées totales (MAT). « J’évite le triticale, car il pénalise la digestibilité », estime Frédéric.

Des prairies plus productives

Le méteil est récolté au printemps, avant de laisser la parcelle complètement libre pour la prairie, qui durera cinq à sept ans. « J’ensile entre le 10 et le 15 mai, au début de la floraison du pois, pour que la repousse permette le pâturage dès début juin. » Les prairies en tirent avantage. « Elles sont plus rapidement productives. Et comme le sol est toujours couvert, le salissement est très limité. »

En comptant le labour, le semis de la prairie puis du méteil, et les récoltes, les coûts de mécanisation atteignent 202 €/ha, pour un rendement moyen de fauche de 7 t de MS/ha en méteil et de 5 t de MS/ha en prairie, soit un coût de production de 16,80 €/ha.

Yanne Boloh

Le pâturage de betteraves et de sorgho à l’essai

Outre le sursemis de méteil, Frédéric Lenglet teste de nouvelles pratiques pour renforcer l’autonomie alimentaire de son élevage. Il expérimente le pâturage de betteraves fourragères l’été pour les vaches taries et celles en lactation, en cas de besoin. L’éleveur essaie également le sorgho pâturé au fil avant, ainsi que le sursemis de colza fourrager et de ray-grass d’Italie. « L’idée sera de faire paître ce couvert en fin d’hiver », précise-t-il.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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