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Le couloir raclé, une option économe dans le temps

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Bâtiment d’élevage - Le couloir raclé, une option économe dans le temps
Avec un raclage régulier (deux fois par jour), la consommation de paille d’un bâtiment pour vaches allaitantes est réduite de moitié par rapport à une stalle bétonnée. © M.-F. Malterre

Avec un coût de la litière qui s’envole, le choix de la stalle dans la stabulation des allaitantes revêt une importance primordiale.

« La stalle idéale n’existe pas, déclare Renaud Selles, conseiller en bâtiment à la chambre d’agriculture de la Creuse. Quelle que soit l’option choisie, elles ont toutes des inconvénients. »

Penser au confort de curage

L’aire raclée, la solution la plus coûteuse à la mise en place présente toutefois de nombreux atouts, notamment celui d’être économe en paille. Sur le plan pratique, l’installation, qui mesure au moins 3,60 m de large, doit s’accompagner d’une fumière. L’option « racleur intégré » permet un nettoyage fréquent. Sans cet automatisme, le raclage pourra s’effectuer avec le tracteur, mais l’opération est beaucoup plus contraignante.

« L’ensemble de l’investissement – racleur, béton et fumière – est amortissable en quatre ans, précise Renaud Selles. Grâce à ce couloir bétonné, l’éleveur a la possibilité de réduire de moitié ses besoins en paille par rapport aux autres solutions (stalles ou contremarche). C’est le résultat d’une étude que nous avons conduite avec Pierre Lépée, conseiller en machinisme. Il est cependant important de racler au moins deux fois par jour, sinon les animaux souillent la litière avec leurs pieds sales. »

Une bonne prise des animaux au cornadis

L’aire raclée comporte d’autres avantages, comme celui d’offrir une bonne prise des animaux au cornadis. Les vétérinaires interviennent en plus grande sécurité derrière les vaches, car ils circulent sur une surface stabilisée. Ce n’est pas toujours le cas avec une stalle autonettoyante, à moins de la prévoir d’une largeur de 2,40 à 2,60 m. « Le point faible de cette solution est que la terre battue se creuse au pied de la marche, de sorte qu’un empierrage régulier est nécessaire », ajoute Renaud Selles.

La contremarche est une solution économe en béton, puisqu’elle mesure de 50 à 70 cm de large, pour une hauteur de 30 à 40 cm. « Elle permet aux animaux de se prendre correctement au cornadis, déclare le conseiller. Elle doit mesurer de 30 à 40 cm de hauteur maximum, tout comme la stalle autonettoyante, afin que l’accès reste confortable pour les vaches en fin de gestation. La principale faiblesse de cette option est liée au fait qu’il faille sortir les animaux de la case pour le curage, ou installer un fil de clôture dans la case afin de contenir les animaux. »

L’absence de stalle bétonnée est une solution attirante en raison de son coût, mais elle détient la palme des points faibles. En dehors du fait que les animaux risquent de « bouser » sur les cornadis et leur ration, car ils peuvent se tourner facilement, il est souvent indispensable de curer dès le mois qui suit l’entrée en stabulation, tant l’accès au cornadis est sale. « L’endroit où ils mangent et boivent est aussi celui où ils défèquent le plus », rappelle Renaud Selles. Or, si le fumier n’a pas séjourné au moins deux mois dans la stabulation, la construction d’une fumière est nécessaire. Autant opter pour le couloir raclé dès le début. Les économies potentielles serviront à convaincre le banquier du bien-fondé de l’installation.

M.-F. Malterre

Un gain de 7 500 € par an

L’installation d’un couloir raclé à la place d’une stalle bétonnée – quelle que soit sa largeur – peut générer 7 500 euros d’économie par an pour un élevage de 100 vaches. La consommation de paille sera réduite de 50 % si le raclage est régulier. Ainsi, de 10 kg par couple mère-veau et par jour, les besoins tombent à 5 kg. Autrement dit, l’élevage (150 jours d’hivernage) passe d’une consommation annuelle de 150 à 75 tonnes. D’où une économie non négligeable de 7 500 euros par an si la paille coûte100 €/t, et de 8 250 euros à 110 €/t, tarif rencontré cet hiver !

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