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Le CO2, un nouveau paramètre de l’ambiance en poulailler

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Sonde. Pour une même technologie (IRND), les sondes affichent des résultats très différents. « Il faut être vigilant sur la précision du capteur (+/- 100 ppm) et la dérive dans le temps », indique Pauline Créach. © CRAB

L’Itavi travaille à un outil pour aider les éleveurs dans le choix de la consigne CO2, qui devient un indicateur à intégrer dans la régulation du bâtiment.

Le dioxyde de carbone (CO2) est un bon indicateur du renouvellement de l’air dans le bâtiment. Le coût du chauffage peut conduire les éleveurs à sous-ventiler pour atteindre les températures nécessaires aux animaux. Avec le risque d’une augmentation des concentrations en CO2. Or la directive européenne sur le bien-être du poulet de chair transcrite en droit français (arrêté du 28 juin 2010) impose une teneur maximale en CO2 de 3 000 ppm (parties par millier). Trouver le bon équilibre entre une réduction du taux de gaz et un impact limité sur la consommation de gaz et d’électricité (par une augmentation de la ventilation) : c’est l’enjeu de la « consigne CO2 » dans les poulaillers.

Les sondes CO2 se développent en élevage. « Sur le terrain, les capteurs révèlent des difficultés à rester sous le seuil de 3 000 ppm dans certaines situations », a expliqué Christian Nicolas, de la chambre régionale d’agriculture (1). Ces dépassements ne sont pas sans conséquences sur l’animal : on peut observer une réduction de l’activité des volailles, mais aussi des incidences sur la santé et le développement des animaux (selon les souches, la fréquence et l’amplitude des dépassements).

En début de lot, le CO2 provient essentiellement du chauffage à combustion interne installé dans la majorité des élevages (rejet de la vapeur d’eau et du CO2 issu de la combustion du gaz), d’autant plus que les débits de ventilation sont au minimum. En cours et en fin de lot, ce sont la respiration des volailles et la fermentation de la litière au fil du temps qui ont un plus fort impact sur le taux de CO2.

Position du capteur

Une étude nommée GestCO2 (2) a été lancée afin de mettre au point une méthode de mesure des concentrations de CO2 en bâtiment, ainsi que des outils pour la prise en compte du CO2 dans le processus de la gestion de l’ambiance. Des essais ont été réalisés dans deux salles à l’Anses de Ploufragan (Côtes-d’Armor). « Les premiers résultats montrent que la position optimale du capteur est à 80 cm du sol (+/- 20 cm), au centre du bâtiment, entre les lignes de mangeoires et de pipettes », a expliqué Pauline Créach, de l’Itavi.

Des essais sont en cours en élevage pour valider les premiers résultats obtenus à l’Anses. « En fonction du type de bâtiment, il faudra adapter la position des sondes et leur nombre au type de ventilation du bâtiment, a précisé Pauline Créach. L’objectif est de proposer aux éleveurs et techniciens un outil d’aide au choix des consignes CO2 en fonction du bâtiment (son niveau d’isolation notamment) et des équipements pour intégrer au mieux le CO2 dans la régulation. »

Isabelle Lejas

(1) Lors de la journée régionale avicole Crab du 5 décembre à Loudéac (Côtes-d’Armor).

(2) Projet Casdar mené par l’Itavi, l’Inra, l’Anses et les chambres d’agriculture de Bretagne.

Expert
« Viser une isolation performante » Christian Nicolas Chambres d’agriculture de Bretagne

«Le renouvellement de l’air par la ventilation a un fort impact sur la concentration en CO2 dans un bâtiment. Le climat, le mode de chauffage et l’isolation interfèrent également. Si la température extérieure chute, l’augmentation du chauffage va rejeter davantage de CO2 dans l’air, et ce d’autant plus si l’enveloppe du bâtiment est mal isolée. La maîtrise du CO2 passe donc par une isolation performante. D’où l’intérêt aussi d’utiliser des échangeurs récupérateurs de chaleurs (ERC) qui permettent de rejeter moins de calories, et donc d’utiliser moins d’énergie pour le chauffage. Le système de chauffage par combustion externe est la solution la plus efficace, puisque le CO2 n’est pas produit à l’intérieur du bâtiment. »

Régulation de la ventilation

Selon une étude de l’Inra, un débit minimal fixé à 1 m3/h/kg de poids vif permet de réduire la teneur en CO2, en augmentant toutefois la consommation de gaz.

La hausse est plus faible lorsque le débit minimal est ajusté à la teneur en CO2, que le chauffage est indirect et que l’isolation est renforcée.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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