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« La vidéo a révélé un manque de repos de nos chèvres »

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Bien-être animal - « La vidéo a révélé un manque de repos de nos chèvres »
« Grâce à la courbe d’activité, nous avons pris conscience que le nombre de passages du pousse-fourrage n’était pas approprié », explique Gildas Launay. © I. Lejas

Dans le Morbihan, Sonia Autin et Gildas Launay ont modifié le passage du robot d’alimentation pour mieux respecter le cycle de repos de leurs animaux.

«Nous avions un problème d’ingestion de foin et nous ne savions pas si les heures de passage du robot d’alimentation étaient bien adaptées », explique Gildas Launay, producteur de lait de chèvres à La Trinité-Porhoët (Morbihan), en Gaec avec Sonia Autin. Les éleveurs ont donc profité de la prestation Visio Cap, proposée par BCEL (1) Ouest dans le cadre du conseil en élevage, pour en savoir davantage. La démarche consiste à observer les chèvres pour trouver des solutions. L’utilisation de vidéos « timelapse » (une photo prise toutes les 20 secondes pendant 24 heures) permet de voir le comportement des animaux pendant une période donnée.

Courbes d’activité

Au Gaec du Chêne Rond, fin mai, quatre cameras ont été positionnées dans le bâtiment, une dans chaque extrémité, pour surveiller deux lots de chèvres (multipares, lot 1, et primipares, lot 2).

Du film, il est ressorti le constat d’un manque d’accessibilité à l’auge à certains moments de la journée pour les deux lots. Le rapport rédigé révèle une très forte affluence au râtelier rempli de paille, ce qui a pour conséquence une déconcentration de la ration, compte tenu de la faible valeur alimentaire de celle-ci. La priorité des éleveurs a été de la remplacer par du foin.

Les passages du robot visant à repousser le fourrage après la distribution ont été supprimés. © I. Lejas

Les courbes d’activité des chèvres réalisées grâce aux données recueillies ont permis de mettre en avant peu de phases de repos en journée et une importante phase la nuit (7 heures) pour le lot 1. Ce constat était moins évident pour le lot 2.

Favoriser la rumination

« Le robot d’alimentation passe quatre fois dans la journée. Équipé d’une lame, il était programmé pour repasser à vide une demi-heure après chaque distribution afin de repousser le fourrage, soit huit passages dans la journée, explique Gildas. Grâce à la vidéo, nous nous sommes rendu compte que c’était une erreur, car les chèvres se levaient tout le temps et n’avaient pas assez de temps de repos et de rumination. »

Et Stéphane Saillé, directeur technique chez BCEL Ouest, de confirmer : « Selon les études, une chèvre passe 33 % de son temps à ruminer. On peut donc estimer une phase de repos idéale entre 8 à 10 h. »

Désormais, le robot est programmé pour distribuer l’alimentation à 10 h, 12 h 40, 16 h et 18 h 30, et le fourrage est repoussé manuellement une fois le matin, et une fois le soir. Les chèvres ont ainsi des phases plus tranquilles dans la journée pour ruminer. « La caméra nous a permis de comprendre le comportement des animaux. Ainsi, nous portons une attention particulière aux cycles de repos indispensables à une bonne rumination, et à une bonne production par la suite », conclut Gildas.

Isabelle Lejas

(1) Bretagne Conseil Élevage.

En chiffres

• 2 UTH.

• 450 chèvres laitières alpines.

• Production moyenne de 840 l/chèvre.

• 45 ha de SAU, dont 8 ha de maïs, le reste en herbe.

La lumière et la ventilation seront revues

Le visionnage du film a également permis de prendre conscience du manque de luminosité du bâtiment et de l’occupation de l’espace. Dans chaque lot, les deux extrémités du bâtiment sont très peu fréquentées, ce qui diminue l’espace disponible. La chèvrerie a été installée dans un ancien poulailler. Durant l’hiver, les associés ont prévu de mettre en place un faîtage translucide et de découper les volets sur le côté pour y fixer des plaques transparentes. Le diagnostic avec un fumigène a permis de vérifier qu’il n’y avait pas de courants d’air aux extrémités du bâtiment. Un manque de tirage a toutefois été identifié. Il est donc envisagé de rehausser la faîtière pour obtenir un effet cheminée.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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