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La normande rénove son Isu pour davantage de mixité

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Matière utile. Outre la part croissante des caractères bouchers, le nouvel Isu normand promet un rééquilibrage des taux de matière grasse et protéique, par un renforcement de la sélection sur le TB. © Ch. Watier

Depuis avril 2018, le poids des caractères bouchers dans l’Index de synthèse unique (Isu) s’est accru, au détriment des caractères de production laitière.

Le terrain était prêt. Entre 2015 et 2017, l’apparition des index d’aptitude bouchère pour les veaux et les jeunes bovins, établis à partir des données d’abattage, a permis aux éleveurs de normandes d’affiner la sélection sur ces caractères (1). Avec l’intégration de ces index dans la dernière version de l’Isu, dévoilée en avril, une nouvelle orientation est donnée au schéma de sélection de la race, mettant l’accent sur sa mixité. « En plus de la valorisation laitière, la normande apporte une valorisation bouchère conséquente, de l’ordre de 20 à 25 % des produits. C’est ce que nous avons voulu prendre en compte », précise Jean-Michel Peudenier, responsable technique et génétique de l’Organisme de sélection de la race normande.

L’ensemble des caractères bouchers sont désormais regroupés dans un index de synthèse baptisé Sybo, composé à 39 % des index d’aptitude bouchère jeunes bovins, 37,5 % des index format et musculature des vaches, et 23,5 % des index d’aptitude bouchère des veaux. Le poids de l’index Sybo dans l’Isu 2018 est porté à 20 %. Dans la précédente version de l’Isu, datant de 2012, seuls les caractères de format et de musculature des vaches étaient pris en compte, à hauteur de 5,4 %.

Complémentarité

Cette pondération croissante des caractères bouchers dans l’Isu s’est établie principalement aux dépens des caractères de production laitière, dont la part est ainsi passée de 42 % en 2012 à 26 % en 2018. « Les héritabilités des caractères concernés étant assez fortes, ce compromis entre lait et viande ne génère pas de pertes importantes pour le progrès génétique attendu en production laitière », analyse l’Institut de l’élevage. Ce nouvel arbitrage présenterait même des synergies. « Une sélection conjointe sur les caractères bouchers et laitiers permet d’obtenir des animaux précoces, vêlant plus tôt, tout en maintenant le progrès en production laitière, explique Jean-Michel Peudenier. Cela engendre également une amélioration de la conformation, notamment au niveau des largeurs, qui sera profitable tant pour l’élevage des veaux et des jeunes bovins, que pour la finition des réformes. »

La récente définition de l’Isu, de même que le traditionnel renouvellement de la base mobile, sont venus modifier la valeur génétique des taureaux normands. En 2018, ils perdent en moyenne 5 points d’Isu avec le changement de base, et 8 points supplémentaires sous l’effet du nouvel index.

Vincent Guyot

(1) Lire La France agricole n° 3717 du 19 octobre 2017, p.34

Index génétique

Depuis 2010, les index génétiques sont exprimés, pour la plupart, en écart à un groupe de femelles de référence, appelé base mobile, et renouvelé chaque année.

Pour les huit races conduisant des programmes de sélection (prim’holstein, normande, montbéliarde, simmental, pie rouge, brune, tarentaise, abondance), la population de référence de 2018 comprend les vaches filiées nées de 2010 à 2012.

La baisse des index consécutive au renouvellement de la base mobile indique une hausse du niveau génétique du groupe de femelles de référence.

En prim’holstein, l’index TB progresse

Pour la première race laitière de France, le renouvellement de la base mobile entraîne un progrès génétique d’environ 6 points d’Isu en 2018. « Le plus important changement de base jamais réalisé », analyse l’entreprise de sélection Évolution XY. L’index TB progresse de 0,14 point, « en lien avec le regain d’intérêt de la race pour la concentration du lait en matière grasse », souligne Prim’holstein France.

Du côté des index privés, Gènes diffusion a lancé, le 19 avril, les index Mortellaro (MTL), Acétonémie (Acet) et Efficacité alimentaire (EF). Ils sont intégrés à l’index de synthèse maison GD Merit, afin de « donner encore plus de poids aux caractères économiques à impact fort », indique Gènes diffusion.

En décembre 2017, Évolution XY s’était également intéressée à la santé du pied, en dévoilant les index de résistance aux lésions infectieuses (RLI) et non-infectieuses (RLNI).

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Cet article est paru dans La France Agricole

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