Crainte de ne plus pouvoir commercialiser leurs porcs à l’avenir et d’une évolution de la réglementation, amélioration du bien-être animal… Les raisons pour lesquelles certains éleveurs ont volontairement franchi le pas de la case liberté en maternité sont variées.

En effet, il ne s’agit pas d’une obligation réglementaire.

En 2019, près de 2 500 cases seraient installées ou en cours de montage. La chambre d’agriculture de Bretagne a enquêté auprès de 5 élevages équipés de 48 à 180 cases, avec différents modèles, entre 2017 et 2018. « Les éleveurs ont peu changé leurs habitudes, et sont encore à la recherche de la conduite optimale compte tenu du peu de recul par rapport à leur équipement, explique Carole Bertin, de l’équipe porc de la chambre d’agriculture de Bretagne.

Les truies sont libres à l’entrée en maternité, bloquées de deux à cinq jours avant la mise bas, puis libérées cinq à quinze jours après. La libération a lieu une fois les soins aux porcelets réalisés. Elle dépend ainsi de l’état corporel de ces derniers et du comportement de la truie. » Selon l’enquête, les éleveurs sont satisfaits de leur modèle de case. Les principales critiques concernent l’augmentation du temps de lavage de même que l’accessibilité limitée aux porcelets après libération de la truie.

Surcoût de 33 %

Les performances sont bonnes à très bonnes (de 11,5 à 13,7 sevrés/portée) mais les producteurs attendent d’avoir davantage de retours d’expérience. Ils soulignent que la taille des cases ne doit pas être inférieure à 5,80 m². Les éleveurs conseillent l’ajout de trappes d’évacuation des déjections, nécessaires lorsque les truies sont bloquées, ainsi que des systèmes anti-écrasement. Ils suggèrent aussi d’augmenter l’espace pour l’augette à porcelets.

Ces producteurs font un pari sur l’avenir en espérant, à terme, une meilleure valorisation de leurs porcs, afin d’assumer le surcoût de 33 % par rapport à une case classique.

Isabelle Lejas