Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

La maladie de Mortellaro gagne l’élevage allaitant

réservé aux abonnés

 - -->
Manipulation. Le lever du pied est indispensable au diagnostic et au traitement de la maladie. Une opération qui peut s’avérer compliquée en élevage allaitant, par manque de matériel ou d’habitude. © n.herman, Sngtv

Fréquente en élevage laitier, la dermatite digitée commence à faire parler d’elle dans les élevages bovins viande, principalement en atelier d’engraissement.

Repérée pour la première fois en France dans les années 1980, la dermatite digitée, ou maladie de Mortellaro, est devenue l’une des principales causes infectieuses de boiterie en élevage laitier. « Il y a encore quelques années, la dermatite digitée n’était pas diagnostiquée en élevage allaitant, constate Jocelyn Amiot, président de la commission vaches allaitantes de la SNGTV (1). Aujourd’hui, même si la prévalence de la maladie reste faible, un tiers de mes collègues vétérinaires interrogés ont connaissance de cas touchant des bovins allaitants. »

La dermatite digitée se caractérise par une inflammation et des ulcérations de la peau de la couronne des onglons. Elle provoque généralement une boiterie, plus ou moins intense. Si son origine infectieuse est admise, la nature des bactéries entrant en jeu est encore sujet à discussion. Contagieuse, elle est généralement introduite dans un élevage à l’occasion de l’achat d’un animal contaminé.

Conditions d’élevage

« Les conditions d’élevage jouent un rôle important dans le développement de la maladie, explique Jocelyn Amiot. Un environnement humide ou une ration acidogène, favorisant une inflammation podale permanente, sont des facteurs de risque (voir onglet). À l’inverse, le pâturage fait baisser la pression infectieuse. » Ces éléments expliquent pourquoi la maladie de Mortellaro se rencontre davantage dans les élevages laitiers et les ateliers d’engraissement que dans les ateliers naisseurs allaitants.

Il n’existe pas de traitement ou de dispositif de prévention efficace à 100 %. « Le parage régulier des animaux et l’ensemencement des litières, pour limiter le développement des germes agressifs, participent à la prévention, détaille Jocelyn Amiot. Le traitement de l’infection se fait de manière locale uniquement. Un parage curatif peut lui être associé. La mise en place d’un pédiluve pour l’ensemble du troupeau est également fréquente. »

Valérie Scarlakens

(1) Société nationale des groupements techniques vétérinaires.

Les facteurs de risques en bâtiment

Surpopulation.

Quantité de paille ou curage insuffisant.

Humidité au niveau des points d’eau.

Aire raclée ne s’égouttant pas correctement.

Défaut de ventilation.

Sol abrasif.

Temps de blocage aux cornadis supérieur à 4 heures par jour.

« La maladie de Mortellaro peut être grave » Bertrand Guin, vétérinaire et président de GTV Bourgogne-Franche-Comté

« En 2017, un de mes associés a été confronté à un cas grave de Mortellaro dans un élevage naisseur engraisseur de 70 mères. En mai, l’éleveur constate des boiteries sur une quinzaine d’animaux au pré, dont 3 taureaux. Pensant à des panaris interdigités, il les traite avec des antibiotiques et des anti-inflammatoires. Une vache meurt et une autre est euthanasiée. Les boiteries persistent. La maladie de Mortellaro est diagnostiquée au moment du parage des animaux boiteux, en présence d’un vétérinaire. Celui-ci met en place un traitement antibiotique local quotidien (aérosol), associé à un anti-inflammatoire non stéroïdien pour les cas les plus douloureux. Au bout de quelques jours, les boiteries cessent. Les six animaux les plus atteints sont réformés. En septembre, un lot de 25 vaches suit un traitement préventif : passage biquotidien dans un pédiluve pendant 4 jours, répété 4 semaines plus tard. Lors de la rentrée en stabulation entravée en décembre, l’ensemble du troupeau reproducteur est paré préventivement. Des lésions bénignes sont mises en évidence sur une dizaine de vaches. Ne pouvant les faire passer au pédiluve à cette saison, un pansement antibactérien sous forme de gel est appliqué. À ce jour, la maladie semble maîtrisée. Un contrôle visuel de toutes les vaches est prévu avant la mise au pré et un parage préventif sera réalisé en novembre. »

Votre analyse du marché - Bovins de Boucherie

Tendance à la stabilisation des prix

La fin de novembre est traditionnellement peu favorable au commerce de la viande. Avec les promotions du Black Friday, les consommateurs en profitent pour faire leurs achats de Noël. Mais contrairement aux années précédentes où les industriels devaient gérer un trop-plein de disponibilités à cette période de l’année, le déficit structurel de l’offre minimise les tensions dans le secteur de l’aval.
Imprimer Envoyer par mail Commenter
En direct
Afficher toutes les actualités

Cet article est paru dans La France Agricole

Transmission & Patrimoine : tous les conseils pour passer le relais !