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La FCO fait des dégâts dansles élevages bovins depuis décembre

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Un vaccin bivalent 4 et 8 devrait être mis sur le marché prochainement. © Claudius THIRIET

Dans certaines exploitations, jusqu’à 15 % des veaux sont nés aveugles et sont morts en quelques jours. La vaccination des mères est le seul moyen de lutte.

Dans les régions où la circulation virale a été forte durant l’été 2018, l’impact sanitaire du sérotype 8 de la fièvre catarrhale ovine (FCO) est visible depuis la mi-décembre. « Plusieurs départements nous remontent de nombreux cas de veaux qui naissent aveugles et meurent en quelques jours, décrit GDS France. Selon les départements, jusqu’à un élevage sur deux est concerné, avec de 2 à 15 % des veaux atteints dans les cheptels. »

« Ce sont des estimations issues du terrain, précise Isabelle Tourette, vétérinaire conseil pour GDS France. Le bassin allaitant, où l’épizootie a démarré en 2015, est particulièrement touché. Durant l’hiver 2017-2018, des symptômes similaires avaient été relevés en Saône-et-Loire, moins touchée cette année. » La présence d’ADN du virus dans le sang et la rate d’animaux de quelques jours, nés durant une période de faible circulation virale (hiver), laisse peu de doute sur le caractère intra-utérin de la contamination.

Pour limiter les risques, GDS France recommande de vacciner les mères soixante jours avant la mise à la reproduction, de préférence pendant l’hiver. Cette durée correspond au délai après lequel un bovin infecté n’est plus contaminant. Il est conseillé d’éviter de vacciner les jours précédents l’insémination et en début de gestation (jusqu’à quatre mois). « La vaccination peut être pratiquée par l’éleveur lui-même, s’il n’a pas besoin de certificat vétérinaire pour l’exportation », rappelle la vétérinaire. En cas de suspicion clinique, l’agriculteur est incité à prévenir son vétérinaire ou le GDS. Les analyses nécessaires à l’investigation seront prises en charge par l’État. « C’est important car cela nous permet d’affiner nos connaissances », souligne Isabelle Tourette.

Vaccin et PCR Positive

« Cet hiver, nous avons eu en moyenne 60 % des broutards positifs à la FCO dans le centre de la France, qu’ils soient vaccinés ou non », témoigne Michel Fénéon, le directeur administratif et financier d’Eurofeder. « C’est un vrai problème, reconnaît Isabelle Tourette. La FCO est une maladie complexe et nous ne savons pas tout expliquer. La vaccination n’empêche pas la contamination, mais elle permet au système immunitaire de réagir beaucoup plus vite. L’animal éliminera le pathogène plus rapidement. Plus la circulation virale est importante, plus les risques d’avoir une PCR positive malgré le vaccin sont élevés. Pour diminuer cette pression, il faut donc vacciner massivement les animaux sensibles. »

Valérie Scarlakens

Le sérotype 3 faitroute vers le Nord

Le sérotype 3 a été signalé en Sardaigne au début de l’automne 2018. Il pourrait émerger en Corse dans un avenir proche. « Les sérotypes 1, 2, 4 et 16 ont toujours été détectés sur cette île italienne plusieurs mois avant d’être observés sur l’île de Beauté », indique la plate-forme d’épidémiosurveillance en santé animale. À l’heure actuelle, il n’existe pas de vaccin contre ce sérotype, donc pas de possibilité de l’éradiquer. Même lorsqu’un vaccin est disponible, l’éradication est ardue. L’Anses estime que trois campagnes successives, avec un taux de couverture vaccinale des bovins et ovins le plus proche possible de 100 % et un système de surveillance performant, seraient nécessaires. « C’est très coûteux et cela ne prévient pas l’arrivée d’un nouveau sérotype ou une réintroduction, souligne la vétérinaire Isabelle Tourette. Nous en avons eu l’exemple avec le sérotype 8, réapparu en 2015, trois ans après que la France a retrouvé son statut indemne. À l’échelle d’un troupeau, la vaccination est une décision de l’exploitant, basée sur des objectifs commerciaux et sanitaires. Sur le plan commercial, la loi de santé animale, qui entrera en vigueur le 21 avril 2021, ne remettra probablement pas en question les accords bilatéraux avec l’Italie et l’Espagne. »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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