Rentrées le 15 décembre dernier, les 35 vaches en lactation d’Anthony Vasseur sont restées deux mois dans le bâtiment, sur une litière 100 % bois. « J’étale une première couche de 6 à 15 cm pour égaliser le sol de la stabulation. Puis, quand je vois que les vaches commencent à se salir, je réajuste avec une seconde couche un peu plus fine deux à trois semaines après. Ensuite, j’en remets tous les deux jours », explique l’éleveur. Au total, il applique le même ratio qu’en paille : 0,8 t/VL. Pour l’instant, Anthony apporte les plaquettes au godet et les épand au râteau, mais il cherche une solution mécanisée pour réduire le temps de travail et optimiser les épaisseurs.

Large capacité de stockage

Après avoir repris, en 2017, l’exploitation familiale convertie en bio depuis 1998, l’éleveur de 29 ans exploite 63 ha, principalement en prairies. « Au total, j’avais besoin de 16 t de paille. J’achetais un camion de 20 t chaque année, ce qui me permettait d’avoir du report pour l’année suivante. »

Le père d’Anthony utilisait déjà les haies de l’exploitation pour alimenter la chaudière de la maison en bois déchiqueté. La capacité de stockage des plaquettes, sur sol bétonné à l’abri, est largement dimensionnée. « En 2018, je disposais d’une réserve de 300 m3 de bois, alors que je n’en utilise qu’une centaine pour le chauffage. J’en ai donc vendu un camion pour une chaufferie industrielle. En parallèle, j’avais commandé un camion de paille, que j’ai ensuite annulé : d’autres en avaient davantage besoin que moi, puisque j’avais de quoi la remplacer par les plaquettes de bois. »

70 m3 par an

Les besoins de l’éleveur pour ses animaux s’élèvent à 70 m3 par an. Il peut compter sur ses 6,2 km de haies qui lui fournissent de 200 à 250 m3 annuels. Certaines de ses haies, en bordure de rivière, sont formées d’essences à croissance assez rapide, principalement des aulnes et des saules, et la coupe peut être réalisée tous les dix ou douze ans. Le reste du linéaire a pour l’essentiel été planté lors du remembrement de la fin des années 1990. Ces haies pluristrates se composent d’arbres de haut jet (cerisiers, merisiers, chênes…), qui ne sont pas utilisés en bois déchiqueté, et de « bourrage » (espèces dont la hauteur ne dépasse pas 5 m), composé d’un branchage dense. Leur coupe peut être réalisée tous les quinze ans. « J’ai suivi la formation organisée en 2017 par le Civam, la Cuma et la chambre d’agriculture sur la gestion de la ressource, qui comprenait aussi un conseil individuel, explique Anthony. C’est important pour apprendre à mesurer son linéaire et sa densité, ainsi que l’état de sa haie, afin de mieux gérer sa ressource. »

L’éleveur confirme n’avoir aucun problème de cellules et les vaches n’ont jamais montré de réticence à se coucher sur le bois. « La litière garde un aspect sec, sans ce côté moite qu’on a parfois avec la paille. »

Yanne Boloh

Un coût compétitif
€/t
Bois déchiqueté (haies bocagères)50
Bois déchiqueté (têtes de peupliers)40
Paille autoproduite (balle carrée)45
Paille achetée et livrée par camion80
Comparaison des prix de revient de la litière en €/t. Pour les chantiers relatifs au bois, le montant compte l’ensemble des frais engagés par l’agriculteur (matériel et main-d’œuvre à 15 €/h). Source : Cuma 72.
Depuis qu’il utilise des plaquettes de bois, l’éleveur n’a pas relevé de problèmes de cellules sur son troupeau de trente-cinq vaches laitières.