Le transport des broutards, de l’élevage naisseur à l’atelier d’engraissement en passant par le centre d’allotement, constitue une succession d’évènements stressants. « Cette phase affecte leur immunité, ce à quoi s’ajoute le mélange de microbisme des congénères issus d’élevages tout-venant, note Élise Vanbergue, de l’Institut de l’élevage (Idele). Lors des premières semaines à l’engraissement, les risques de développer des broncho-pneumonies infectieuses sont accrus. » Pour prévenir ces troubles, l’Idele avec l’Inrae, les écoles vétérinaires de Nantes et de Toulouse, l’entreprise Deltavit et la coopérative EMC2 élevage ont lancé le projet WelHBeeF en 2018. Pour cet essai, 168 broutards issus de 9 naisseurs et répartis chez 4 engraisseurs ont été suivis.

Un contexte épidémiologique à resituer

Les lots ont été sevrés 50 jours avant la vente. Ils ont été vaccinés contre trois pathogènes responsables des maladies respiratoires (BRSV, BPI3, Mannhemia haemolytica) et vermifugés. Dans le cadre du protocole de préparation sanitaire, certains veaux ont reçu vitamines, oligo-éléments et extraits de plantes pour stimuler leur immunité. Les lots témoins étaient, quant à eux, conduits selon les pratiques habituelles des éleveurs.

À partir d’observations cliniques complétées d’examens post-mortem des lésions pulmonaires, « nous avons relevé avec surprise une prévalence des troubles respiratoires plus élevée au sein des lots préparés (32 % de morbidité contre 19 % chez les témoins), révèle Élise Vanbergue. Après le prélèvement de 60 écouvillons nasaux, nous nous sommes aperçus que les agents présents dans le vaccin étaient quasi-absents des échantillons. » Cela montre que la cause des maladies respiratoires évolue. De plus, avec parfois des conditions d’hébergement peu favorables, l’incidence des troubles respiratoires était déjà supérieure sur les lots préparés avant même la fin du protocole expérimental. De nouveaux projets restent à mener pour caractériser plus finement les dynamiques d’apparition des pathogènes au sein des troupeaux.

L. Pouchard

Votre analyse du marché - Bovins maigres

Le marché se tend

Depuis deux semaines, les sorties ont sensiblement progressé, conduisant à un accroissement des exportations vers l’Italie et l’Allemagne. Si ces deux marchés restent demandeurs, les engraisseurs attendent de vider leurs ateliers pour les fêtes de fin d’année. En France, les abatteurs poussent à davantage de mises en place, mais après le coup dur de la crise de Covid-19 l’an dernier, les candidats sont peu nombreux.