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« J’élève des lapins en enclos sur caillebotis »

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« Il est plus agréable de surveiller les animaux en enclos. Les lapins craignent nettement moins l’homme qu’en cage », rapporte Jean-Marie Orseau. © Photos : V. Guyot

En Vendée, Jean-Marie Orseau produit une partie de ses lapins dans un système alternatif à la cage.

Engraisser des lapins élevés au sol, c’est le pari de Jean-Marie Orseau, installé à Angles, en Vendée. Depuis le démarrage de la production cunicole sur son exploitation en 1993, l’éleveur a toujours été sensible au bien-être animal. Dès 2004, il réalise des essais avec l’Institut technique de l’aviculture (Itavi). Quatre ans plus tard, Jean-Marie construit deux bâtiments équipés de 500 cages mixtes « bien-être », pourvues d’une mezzanine et d’une partie du sol en plastique. Le nombre de mères passe de 185 à 900. Il adopte le système « tout plein, tout vide » à chaque bande : les cages mixtes accueillent alternativement des lapines en maternité et des lapereaux en engraissement.

Dans l’un des bâtiments, en 2012, l’éleveur teste un premier enclos d’engraissement au sol : « C’était une grande cage de 2 mètres de large sur 14 mètres de long. » Avec l’appui de son groupement de producteurs (CPLB-Cavac), il se met en quête d’une alternative au grillage pour le sol. « Nous avons d’abord essayé un caillebotis destiné aux porcs en postsevrage, mais les stries étaient de vraies réserves de pathogènes, explique-t-il. Nous nous sommes ensuite tournés vers un modèle utilisé pour les canards, en utilisant une matière plus rigide pour éviter toute détérioration par le rongement des lapins. Il a donné satisfaction. »

Résultats techniques maintenus

Jean-Marie engraisse désormais 1 750 lapins par bande au sol, sur un total de 7 550 animaux. Les enclos en accueillent 200 à 250, pour 25 à 30 portées. Les résultats techniques sont similaires à ceux des lapins élevés en cage. « Les lapereaux intègrent l’engraissement à 37 jours et sont abattus à 74 jours, poursuit-il. Le poids moyen atteint 2,5 kg, pour un indice de consommation de 3,2 à 3,4. »

Si les animaux reçoivent, en moyenne, 120 g d’aliment par jour, en cage comme en enclos, leur comportement diffère selon le mode d’élevage. « Se nourrir est la principale occupation des lapins en cage, souligne l’éleveur. Ils mangent lors de la distribution, puis pratiquent la caecotrophie (1). » En enclos, la concurrence est moindre. « Les animaux s’alimentent en continu, car il y a davantage de place à la mangeoire », précise-t-il. Par ailleurs, le milieu est enrichi par des refuges et des blocs de paille à ronger. « Il est essentiel de maintenir en permanence une bonne ambiance dans le bâtiment, pour favoriser une prise alimentaire régulière. La température idéale est de 20 °C. »

Si la densité est plus faible en enclos qu’en cage, la capacité du bâtiment reste inchangée. « En passant à l’élevage au sol, on supprime les nombreuses allées pour n’en garder qu’une seule, explique Pierre Dupont, responsable du groupement CPLB. À nombre égal d’animaux dans le bâtiment, cela permet d’atteindre 800 cm2 par lapin en enclos, contre 460 en cages. »

Le coût du réaménagement d’un bâtiment existant s’élève à 25 euros par place d’engraissement. « Nous proposons des contrats d’accompagnement des projets Lapin et bien, d’une durée variable, en cohérence avec la durée d’amortissement des bâtiments équipés », précise Pierre Dupont. Les éleveurs engagés dans la démarche bénéficient d’une plus-value de 15 % à la vente. « Si j’étais moins proche de la retraite, j’aurais réaménagé l’ensemble de mes bâtiments en enclos ! », sourit Jean-Marie.

Vincent Guyot

(1) Ingestion d’excréments.

Une association dédiée au lapin alternatif

L’association Éleveurs et bien, composée de producteurs des coopératives Cavac et Terrena, ainsi que du transformateur Loeul & Piriot, a lancé, le 5 juin 2019, la filière d’élevage de lapins au sol et en enclos baptisée Lapin et bien. « C’est le fruit de plusieurs années de recherche et développement de la part de chacune des coopératives », précise Christophe Rousseau, directeur des achats vifs chez Loeul & Piriot. La commercialisation de la viande a commencé en janvier 2020. « L’accueil des distributeurs comme de la restauration hors domicile est bon, poursuit-il. Aujourd’hui, le lapin alternatif représente 3 % de nos volumes abattus. Nous visons 25 % à l’horizon 2025. »

Avec davantage de place à la mangeoire qu’en cage, la concurrence est moindre et les lapins s’alimentent en continu.
Une ligne de pipettes est disposée à proximité des mangeoires. Elle est purgée chaque semaine et désinfectée après chaque bande.
Un peson électronique enregistre le poids des lapins, permettant à l’éleveur de contrôler leur croissance.
Les refuges permettent aux lapins de reproduire leur comportement naturel et, à l’éleveur, de rassembler les animaux pour les enlèvements.
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Cet article est paru dans La France Agricole

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