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« J’économise foin et litière avec de la paille de maïs »

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Stocks. En récoltant 10 ha de paille de maïs, Guillaume Chaumont compte reconstituer l’équivalent du quart de son stock habituel de paille. © A. Bréhier

Pour compenser le manque de fourrage dû à la sécheresse, Guillaume Chaumont a récolté cette année une partie de ses fanes de maïs.

Depuis début octobre, Guillaume Chaumont affourage au pré trois lots de charolaises avec du foin de prairies naturelles (deux tiers de la ration) et de la paille de maïs (un tiers). « Cette dernière a une valeur alimentaire équivalente à celle de la paille (lire encadré ci-dessous), mais elle est plus appétante que je ne le pensais », observe l’éleveur installé à Saint-Germain-du-Plain, en Saône-et-Loire. Une fois par semaine, Guillaume en apporte six bottes au pré, à même le sol.

Les conditions climatiques exceptionnelles de l’année ont permis au polyculteur-éleveur (310 ha de SAU dont 180 ha de prairies naturelles et 130 ha de céréales, ainsi que 110 vaches allaitantes et leur suite) de récolter une partie de ses cannes de maïs pour son autoconsommation. « Alors que nous ramassons le maïs grain une fois sur quatre avec des chenilles, cette année, nous l’avons récolté précocement avec la climatisation dans le tracteur, et dans la poussière ! »

Le maïs grain, dans un état de dessèchement avancé, a été moissonné sans broyeur. Fauchées au plus près du sol en veillant à ne pas ramasser de terre, les tiges de maïs sont restées cinq jours au champ. Une fois andainées, elles ont été pressées l’après-midi avec le « round baller » de l’exploitation. « J’ai roulé un peu moins vite que d’habitude, précise Guillaume. La paille de maïs, sèche et très légère, avait tendance à s’accumuler devant le pick-up. Les balles ont été liées au filet et non à la ficelle pour éviter qu’elles se défassent trop facilement.

Ration modifiée

Alors que 4 ha de paille de maïs ont été récoltées à un taux d’humidité un peu inférieur à 20 %, l’éleveur espère en récolter 6 ha supplémentaires, malgré les 50 mm de pluie tombés fin octobre. « 10 ha pressés correspondraient à 100 bottes, soit un quart de notre stock habituel de paille. L’objectif est de remplacer une partie du foin par de la paille de céréales, et celle-ci par de la paille de maïs qui sera utilisée comme litière. En vue d’éviter les poussières causées par la pailleuse, elle sera épandue manuellement dans les cases. »

Cet hiver, la paille de céréales ainsi économisée sera introduite dans l’alimentation des génisses de deux ans, à la place du foin. Habituellement composée de 8 kg bruts d’ensilage de maïs, de 5 kg bruts d’ensilage d’herbe, de 5 kg de foin, et 1,3 kg de tourteau de colza, leur ration sera modifiée. « Grâce à notre mélangeuse, nous sommes en mesure de faire consommer de la paille et de la mélasse. La différence de valeur sera corrigée par des céréales aplaties. » Le coût de revient de la paille de maïs est estimé par la chambre d’agriculture de Saône-et-Loire à 50 €/t, ou 15 € pour une balle ronde de 280 kg (sur la base d’une récolte de 80 q/ha de grain, transport jusqu’à l’exploitation compris).

Anne Bréhier
Plus d'infos sur le sujet

Valeurs alimentaires de la paille de maïs (par kg de MS)
0,6 UFL 0,51 UFV 60 g de PDIN 30 g de PIDE

Sécuriser les ressources fourragères

L’agriculteur Guillaume Chaumont espère reconstituer en 2019 les stocks fourragers mis à mal par la sécheresse. Ils sont indispensables dans le contexte de l’exploitation.

« Sur nos 180 ha de prairies naturelles, 30 % sont en zones inondables et 30 % en zones humides. Depuis cinq ans, du fait des printemps humides et des crues de la Saône, la mise à l’herbe est tardive. En juin 2016, nous avons lâché les bêtes en juin, et donné du foin jusqu’en juillet. »

Afin de sécuriser les ressources fourragères l’an prochain, Guillaume fertilisera une vingtaine d’hectares de ses prairies de fauche pour en augmenter la productivité.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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