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« Je vise l’autonomie en conservant les performances »

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Produits. Les génisses sont vendues entre 34 et 38 mois à un poids de 400-420 kg. La majorité des génisses sont classées U = 3, et se vendent autour de 4,75 €/kg de carcasse. Les mâles sont commercialisés en broutards classiques ou repoussés. © V. Scarlakens

En Seine-Maritime, Franck Aublé a successivement arrêté le maïs ensilage et l’aliment complet puis réduit l’achat de matières premières pour les rations de ses bovins.

Franck Aublé commercialise une quarantaine de génisses et de vaches de réformes chaque année, avec un coût d’engraissement qui varie entre 133 et 177 €/animal. Plus de 80 % de la ration d’engraissement et 100 % de l’alimentation des 70 mères proviennent de la ferme.

Pour en arriver là, Franck travaille depuis douze ans sur l’autonomie alimentaire et la génétique. À la reprise de l’exploitation de ses parents en 2000, il fait le choix de convertir le troupeau laitier en limousines. Il garde néanmoins une ration basée sur le maïs ensilage et le soja. « Souhaitant gagner en indépendance vis-à-vis du marché volatile des matières premières, j’ai abandonné le maïs ensilage pour réduire le recours au soja en 2005 », explique-t-il.

À la place, Franck maximise l’utilisation de l’herbe. « Les diarrhées des petits veaux ont quasiment disparu, c’était spectaculaire. Les performances des animaux se sont maintenues et j’ai gagné en coût alimentaire. » Il dédie 20 ha supplémentaires à la culture de l’herbe et achète une faucheuse neuve. En cas de sécheresse, il implante du ray-grass italien après récolte de l’orge, pour sécuriser ses stocks fourragers. « L’augmentation de la charge de travail a, en partie, été limitée par l’arrêt du travail d’entraide sur les chantiers d’ensilage. »

À ce stade, Franck a recours à un aliment complet, relativement coûteux. En 2014, il investit 31 000 € dans une mélangeuse et élabore un mash sec, qu’il produit deux fois par semaine. « Mais les résultats techniques n’étaient plus vraiment au rendez-vous, et je continuais à acheter beaucoup de matières premières, notamment des drèches de maïs et des tourteaux de lin. Le coût de la ration s’élevait encore à 220 €/tonne. » Franck décide alors d’implanter de la luzerne, pour améliorer son autonomie protéique.

Travail de précision

Il fait appel à Baptiste Joannes, un nutritionniste indépendant, pour affiner ses rations (lire encadré). Les performances sont de retour. « Le zéro achat est possible mais très risqué techniquement, estime Franck. Je connais le coût de revient de toutes les matières premières, ainsi que leur valeur nutritive et je jongle avec les prix du marché. » Il pèse également les animaux à l’engraissement. « Quand on décide de se passer des concentrés du commerce et que l’on veut maintenir ses performances, il est nécessaire d’être très pointu. »

Valérie Scarlakens
©
Plus d'infos sur le sujet

Assolement

70 ha de prairies permanentes

(ray-grass anglais)

7 ha de luzerne

143 ha de cultures de ventes (betteraves, lin, colza, blé, orge)

2,5 UTH de main-d’œuvre

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Cet article est paru dans La France Agricole

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