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« Je vends des porcs démarrés de 50 à 100 kg vifs »

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Commercialisation - « Je vends des porcs démarrés de 50 à 100 kg vifs »
Thierry Monteil est naisseur engraisseur à Cultures, en Lozère, et vend des porcs démarrés à des éleveurs en plein air qui transforment. ici porcs de 50 kg vif. © Frédérique Ehrhard

Thierry Monteil commercialise la majorité de ses porcs sur pied à des éleveurs qui finissent de les engraisser avant de les transformer.

Installé à Cultures, en Lozère, Thierry Monteil élève 80 truies et 2 400 porcs par an. « Je n’ai pas assez de volume pour dégager un revenu avec du porc standard. J’ai d’abord fourni des bouchers-charcutiers locaux en réalisant un tri sur mesure qui convient aux besoins de chacun. Aujourd’hui, je continue à faire du sur-mesure mais avec des porcs démarrés. Je les vends à des éleveurs qui finissent de les engraisser en plein air avant de les valoriser en vente directe », explique l’agriculteur.

Un croisement large white × landrace × tai zumu

Les truies sont issues d’un croisement large white × landrace × tai zumu. « Je les insémine avec du duroc qui apporte de la rusticité, une bonne croissance et une viande persillée », relève Thierry.

En post-sevrage, il conserve, autant que possible, les portées ensemble. Puis, il démarre l’engraissement avec un aliment non OGM à 16 % de protéines.

« Je trie ensuite en fonction de la demande de chaque éleveur. Certains veulent des porcs de 100 kg qu’ils engraissent en cinq à six mois jusqu’à 200 kg vifs afin d’obtenir des carcasses lourdes adaptées à la charcuterie. D’autres préfèrent des porcs plus légers, car ils ont des débouchés en viande fraîche. Dans ce cas je ne leur fournis que des femelles, qui déposent moins de gras. »

Des lots adaptés aux besoins des clients

Pour constituer un lot, l’éleveur essaye de ne pas puiser dans plus de deux cases afin de limiter le stress lié au mélange d’animaux. « Ce tri sur mesure prend du temps. Il me faut parfois revenir cinq fois dans une case avant de finir de la vider », souligne-t-il.

Certains clients ne lui achètent que 10 ou 20 porcs par an, d’autres en prennent 200 ou 300. Mais la plupart reviennent chaque année car ils apprécient de trouver chez Thierry des lots complets, adaptés à leurs besoins et livrés.

« Je me déplace en Lozère, dans le Gard, l’Hérault et l’Ardèche », précise l’exploitant. Le planning n’est pas toujours facile à gérer. « J’essaye de repérer à l’avance des porcs qui conviendraient à chacun », indique-t-il. Au mois de décembre et au mois de janvier, la demande baisse car les éleveurs évitent de mettre en place un lot en plein air au milieu de l’hiver. « À ce moment-là, je vends les porcs qui vont devenir trop lourds à un négociant. »

Livraison incluse, ses tarifs s’établissent autour de 3 €/kg vif pour un porc de 30 kg. À 50 kg, ils descendent à 2,5 €/kg, et jusqu’à 2 €/kg à 100 kg. « Je ne subis plus les variations des cours du porc. Celles de l’aliment suffisent, relève Thierry. J’obtiens une meilleure marge que lorsque je vendais des porcs prêts à abattre. Par ailleurs, j’apprécie le côté relationnel, les échanges avec les autres éleveurs.

Frédérique Ehrhard

Des truies conduites en quatre bandes

Depuis qu’il vend des porcs démarrés, Thierry Monteil gère le naissage en quatre bandes au lieu de sept. « Les interventions sur les truies sont plus groupées. Je peux ainsi profiter des semaines où il n’y en a pas pour livrer mes clients », explique-t-il. La prolificité n’en est pas moins bonne. Depuis deux ans, il renouvelle son cheptel avec des truies issues de la sélection d’Axiom génétics intégrant une lignée chinoise. « Avec 2,45 mises bas par an, j’arrive à sevrer 31 porcelets par truie. » Les gestantes sont conduites en groupe. « C’est mieux pour leur bien-être. Elles marchent et sont plus en forme au moment de la mise bas », observe l’éleveur. Pour l’instant, il continue à utiliser des cases de contention en maternité. « Je prévois de construire un nouveau bâtiment avec des cases liberté. Mais avant d’investir, j’ai besoin de savoir quelle surface celles-ci doivent faire. La réglementation actuelle ne le précise pas. »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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