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« Je tire profit du gène culard »

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Rusticité « Le taureau porteur du gène culard est toujours croisé avec des vaches non porteuses, pour préserver les caractères de rusticité de la race », explique Mathieu Estadieu. © M.-F. M.

Mathieu Estadieu raisonne les accouplements de ses quarante gasconnes

« Tous mes animaux sont génotypés, pour savoir s’ils sont porteurs ou non du gène culard », indique Mathieu Estadieu, à la tête d’une quarantaine de gasconnes à Soueich, en Haute-Garonne. Tous les animaux qui naissent sur l’exploitation sont concernés, ainsi que les génisses achetées à 8 mois pour une revente en gestantes à l’âge de 30 mois.

L’objectif de cette analyse est d’éviter de croiser deux animaux porteurs du gène, car il y aurait alors une chance sur quatre pour que le veau soit culard homozygote (mh/mh), une caractéristique redoutée, car elle affecte les qualités de rusticité de la race. Par ailleurs, ces animaux ne sont pas inscriptibles au herd-book de la race. « Je ne souhaite pas pour autant éliminer le gène, mais seulement en tirer profit », explique-t-il.

Autrement dit, un animal porteur du gène culard, mais non homozygote (mh/+), a tout à fait sa place dans l’élevage, à côté des non-porteurs (+/+). « Parmi les quarante vaches, la moitié sont porteuses », signale Mathieu. Cette répartition favorise les accouplements. Gépéto, un taureau (+/+) est affecté au lot de vaches (mh/+). Il n’y a donc pas de risque qu’un veau naisse homozygote. Même constat pour les non-porteuses (+/+), car elles sont accouplées avec Galion, un taureau (mh/+) qui a remporté le prix de section taureau adulte au concours national à Saint-Gaudens, en septembre dernier. Celui-ci est disponible au catalogue d’insémination.

La stratégie est la même pour les génisses. Inoui, le taureau affecté au lot, est non porteur (+/+). Lui aussi s’est illustré à Saint-Gaudens, en terminant deuxième de la section jeune taureau. Ses caractéristiques morphologies garantissent de petits veaux, pour faciliter le vêlage.

génotypage des mâles

Mathieu veut continuer de produire des animaux rustiques de haute qualité génétique. La demande est forte. L’activité d’achat et de vente de génisses, plus récente sur l’exploitation, est en partie liée à une demande plus dynamique. « Ce sont les retombées de l’affiche du Salon de l’agriculture 2012 », explique-t-il. Valentine, une vache de l’exploitation en était la star.

L’activité de vente et d’achat de mâles est plus ancienne. Tous sont également génotypés. « Les analyses coûtent environ 20 € par animal, explique Mathieu. Nous envoyons des échantillons de sang. Les résultats nous parviennent trois semaines après. Ils constituent un argument pour la vente, explique Mathieu. Un animal (++) avec une morphologie et un index moyens, est beaucoup plus recherché qu’un animal (mh/+) doté des mêmes qualités. »

Marie-France Malterre
Une conduite économe des génisses

« Sur une exploitation, ce n’est pas le chiffre d’affaires qui compte, mais le coût de production, martèle Mathieu. Mon but est de produire des génisses avec un minimum de concentré. »

En 2014, elles en ont consommé unetonne. Seules les broutardes en mangent un peu au sevrage au mois de septembre. « C’est une période de stress, où les jeunes restent quelques semaines dans la stabulation, avec du foin et 1 kg de concentré par jour, pour ne pas perdre de poids », précise-t-il. Mais cela ne dure pas. En novembre, les femelles retournent au pâturage. Elles ont du foin à volonté sur une parcelle abritée du vent. « L’hiver dernier, les vingt-huit génisses ont consommé trente balles de foin, calcule-t-il. Je leur apporte un peu de concentré, une fois par semaine, mais simplement pour améliorer la docilité. » Pendant l’été, les génisses partent pour l’estive, entre 1 200 et 1 800 mètres d’altitude.

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en France

(Orne, Pyrénées-Atlantiques….)
qu’à l’étranger (Espagne, Pays-Bas).

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Cet article est paru dans La France Agricole

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