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« Je finis mes velles roséessans complémentation »

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Thomas Ribes, comme son oncle Christian avant lui (à d.), élève ses velles en plein air avec leur mère jusqu’à leur vente, entre cinq et huit mois. © F. Ehrhard

Thomas Ribes valorise ses femelles en IGP rosées des Pyrénées, élevées au lait de la mère et finies à l’herbe de la montagne.

«En commercialisant mes velles dans la filière rosée des Pyrénées sous indication géographique protégée (IGP), je les revalorise de 150 à 200 € par tête par rapport à une broutarde. Pour en faire un maximum, j’accouple mes 45 aubracs avec des taureaux charolais afin d’avoir des veaux croisés rentrant dans le cahier des charges de l’IGP. Et pour le renouvellement, j’achète chaque année quelques doublonnes chez des sélectionneurs », explique Thomas Ribes.

Ce jeune éleveur de Prats-de-Mollo-la-Preste, dans les Pyrénées-Orientales, a repris l’exploitation de son oncle et de sa tante en 2017. Le troupeau est conduit en semi-plein air. Un petit bâtiment, installé à 1 280 m d’altitude, abrite une table d’alimentation de 45 places, un box et du foin. Les prairies et les parcours s’étagent jusqu’à 2 000 m.

Soutenir la lactation

Les vélages se concentrent en janvier et février, puis avril et mai. Thomas utilise deux taureaux charolais en monte naturelle et fait inséminer une quinzaine de mères. « Je choisis des taureaux avec un bon index de facilité de naissance, qui donnent des veaux petits mais correctement conformés. » Pour le renouvellement, il regarde la docilité, les aplombs, la largeur du bassin et les qualités maternelles. « Les mères doivent avoir du potentiel laitier pour assurer un bon démarrage des veaux, vendus entre cinq et huit mois. Pour obtenir des kilos, leur croissance doit être précoce. »

Après le vélage, la ration par vache et par jour est composée de 9 à 10 kg de foin de prairie naturelle et 3 à 4 kg de foin de luzerne, complétés par 1,3 kg d’aliment pour soutenir la lactation. La mise à l’herbe en mai prend le relais. Les veaux ne sont pas sevrés. Les plus précoces pâturent avec leur mère sur les prairies, puis sur une estive intermédiaire jusqu’en juillet. Ils redescendent en août sur les regains. « Nous les déplaçons en fonction de la pousse de l’herbe afin de leur assurer une bonne croissance », note Christian, l’oncle de Thomas. Les veaux plus tardifs passent à leur tour sur les prairies puis montent à l’estive la plus haute. Ils redescendent en novembre pour être finis. « Nous étalons ainsi les ventes de rosées entre les mois d’août et de décembre. »

Début août, le technicien de la Coopérative catalane des éleveurs vient peser et sélectionner les futures rosées. Les autres femelles et les mâles croisés sont commercialisés en broutards légers dès la fin août afin de laisser la place aux Rosées. La note d’engraissement de celles-ci doit être d’au moins 2. « Pour y parvenir sans complémentation, il faut leur réserver des regains », relève le jeune éléveur. L’abondance de l’herbe, variable d’un an sur l’autre, influe sur les poids atteints. « Mais avec ce mode d’élevage en liberté, au lait de la mère et à l’herbe de la montagne, nous répondons aux attentes des consommateurs. »

F. Ehrhard

Une petite filière

Créée en 1991, la filière rosée des Pyrénées bénéficie d’une IGP depuis 2016. Pour être labellisés, les veaux croisés, principalement des femelles, doivent peser plus de 110 kg et être classés au moins en R +. Leur viande rosée, tendre et savoureuse, séduit les consommateurs. Mais la filière ne commercialise actuellement que 150 à 200 rosées par an. « Pour développer les débouchés, nous devons trouver de nouveaux bouchers, tout en intéressant plus d’éleveurs », affirme Galdric Sola, président de l’association rosée des Pyrénées, qui veut relancer la filière avec un groupe de jeunes.

Votre analyse du marché - Veaux

Les volumes exportés sont conséquents

Les intégrateurs gardent le contrôle sur les rentrées des veaux en fonction des places disponibles. Face à un marché excédentaire, ils pratiquent un tri plus sévère. Les opérateurs sont également contraints par une forte hausse des coûts de production. Et bien que les prix de la viande progressent, les niveaux tarifaires demeurent soumis à la concurrence des voisins hollandais.
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Cet article est paru dans La France Agricole

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